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À Kyiv, les bébés naissent sous les bombes
information fournie par Reuters 07/09/2026 à 13:20
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par Anna Voitenko

Pendant la phase finale de l'accouchement d'Alyona Bohatyrenko, les sirènes ont retenti à Kyiv, signalant l'approche de drones russes vers la capitale ukrainienne.

Si aucune explosion n'a eu lieu à proximité de la maternité, les médecins ont toutefois pris le risque de mettre au monde le bébé de la femme de 32 ans, alors que le ciel de la ville était menacé.

"J'ai accouché pendant une alerte aérienne !", a déclaré Alyona Bohatyrenko, allongée dans son lit d'hôpital, berçant sa petite fille quelques minutes après sa naissance.

"Rien de tout cela n'est normal, mais… on finit par s'y habituer d'une manière ou d'une autre", a-t-elle ajouté.

Depuis le 27 août, date à laquelle la Russie a considérablement intensifié sa campagne de bombardements, Kyiv est quotidiennement sous le feu des bombardements russes.

Yuliia Ishchuk, 26 ans, a aussi accouché dans le même établissement de Kyiv la semaine dernière, en pleine nuit et alors qu'une attaque aérienne était en cours.

Son mari, Vitalii Ishchuk, un militaire de 30 ans, se souvient du moment où le couple a compris que l'accouchement était imminent.

"À trois heures du matin, Yuliia a perdu les eaux, mais nous n'avions rien préparé et rien n'était prêt", a-t-il déclaré en décrivant les bombardements qui frappaient la capitale ukrainienne cette nuit-là.

"Nous pensions que la maison allait être réduite en miettes. Nous avons appelé une ambulance ; elle est venue, et tout s'est bien passé", a-t-il raconté.

DES CHOIX DE VIE IMPORTANTS

À Kyiv et dans la région environnante, au cours des deux dernières semaines, les attaques aériennes ont lieu à n'importe quelle heure de la journée, et plus uniquement la nuit.

Dans une guerre aérienne qui ne cesse de s'intensifier entre l'Ukraine et la Russie, et dans laquelle chaque camp pilonne les infrastructures énergétiques et logistiques de l'adversaire, la vie quotidienne de millions d'habitants est perturbée.

La situation risque par ailleurs de s'aggraver avec l'arrivée de l'hiver et les attaques russes visant le réseau énergétique ukrainien, qui assure l'électricité, le chauffage et l'eau courante.

Ainsi, pour les deux jeunes familles que Reuters a rencontré dans une maternité de Kyiv, l'intensification des menaces les oblige à envisager de s'installer dans un logement plus sûr de la capitale, voire de quitter la ville.

"Nous devrons partir ailleurs pour trouver un meilleur abri – pas un sous-sol d'école ou de magasin", a déclaré Vitalii Ishchuk.

Alyona Bohatyrenko, qui refuse l'idée de partir à l'étranger, a dit vouloir quitter la capitale ukrainienne pour la période hivernale.

"Nous verrons comment les choses évoluent, car d'après les prévisions, il sera très difficile de rester à Kyiv cet hiver avec un enfant en bas âge."

"PERSONNE NE VEUT ACCOUCHER"

Au sous-sol de l'hôpital visité par Reuters, un abri a été aménagé pour les femmes enceintes et leurs compagnons en cas d'alerte aérienne.

Yuliia Kukhar, 29 ans et qui attend son troisième enfant, a déclaré qu'elle n'avait remarqué qu'une poignée de femmes avec elle dans le service de maternité.

"Personne ne veut accoucher", a-t-elle déclaré à Reuters.

Avant même le début de la guerre à grande échelle en février 2022, l'Ukraine était déjà confrontée à une crise démographique, avec des taux de natalité en chute libre en raison de facteurs économiques.

Mais depuis l'invasion russe et les bombardements incessants, la situation démographique s'est aggravée en raison de inquiétudes sécuritaires et alors que beaucoup de couples se sont installés à l'étranger et que nombre d'hommes sont mobilisés dans l'armée.

Yuliia Kukhar espérait avoir un garçon après avoir donné vie à deux filles précédemment. Mais la guerre et le risque pour les hommes d'être appelés sous les drapeaux ont remis en perspective son souhait.

"Nous voulions un garçon. Mais c'est la guerre, et je n'ai pas besoin d'un garçon. Contentons-nous d'avoir des filles."

(Avec Alina Smutko ; rédigé par Mike Collett-White ; version française Etienne Breban, édité par Augustin Turpin)

1 commentaire

  • 07 septembre 15:51

    Au Liban aussi et il n'y a pas d'articles sur le sujet.


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