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À Dijon, l'héritière de François Rebsamen face à une rude concurrence
information fournie par AFP 14/01/2026 à 21:27

La maire de Dijon Nathalie Koenders à Dijon le 15 décembre 2025 ( AFP / Timothée PIRON )

La maire de Dijon Nathalie Koenders à Dijon le 15 décembre 2025 ( AFP / Timothée PIRON )

Au moins six listes contre elle: la maire PS de Dijon, Nathalie Koenders, aura fort à faire pour prouver que le départ de son mentor, le Macron-compatible François Rebsamen, ne sonnera pas le glas de 25 ans de socialisme local.

L'édile a annoncé sa candidature mercredi soir. Elle "incarne à la fois la fidélité à une histoire collective – celle de la transformation de Dijon engagée par François Rebsamen depuis 2001 – et le renouveau", assure un communiqué de ses services.

Première adjointe à la Cité des Ducs, Mme Koenders avait été catapultée à la tête de la ville par l'ancien maire PS, François Rebsamen, fin 2024. Ce chantre de la sociale-démocratie devenu macroniste dès 2022 avait alors démissionné, pour rejoindre le gouvernement de François Bayrou.

Depuis, les opposants de la dauphine de "Rebs" parient que le socialisme dijonnais ne survivra pas au départ de cet ancien "éléphant" du PS qui en a été le secrétaire national. Ce proche du président socialiste François Hollande, dont il a été ministre, était un habitué des réélections faciles à Dijon.

Mais Nathalie Koenders n'a pas ce même passé de fin limier de la politique. Et, à 48 ans, elle affronte sa première candidature de maire en devant répondre de la gestion de son prédécesseur.

"La municipalité est rattrapée par son bilan", assurait récemment son adversaire le plus sérieux, Emmanuel Bichot, investi par LR, qui fait de la sécurité son thème central, comme la plupart des candidats.

"Le narcotrafic met la ville à feu et à sang", répète-t-il à l'envi, dans une allusion à la récente vague de violences qu'a connue cette ville de 160.000 habitants jusqu'alors largement paisible.

François Rebsamen à Paris le 30 juillet 2025 ( AFP / Thomas SAMSON )

François Rebsamen à Paris le 30 juillet 2025 ( AFP / Thomas SAMSON )

Dans un bref entretien télévisé sur France3, mercredi soir, la maire sortante a indiqué que, elle aussi, axera sa campagne sur "la sécurité", "la première des libertés".

Emmanuel Bichot avait recueilli 19,9% au premier tour des municipales de 2020, deux fois moins que François Rebsamen (38%), et il avait été largement battu dans une triangulaire au second tour (35% contre 44%).

- Soutien polémique de Zemmour -

Se targuant d'avoir réussi "l'union de la droite et du centre", avec le soutien de l'UDI et de Horizons, M. Bichot devrait néanmoins avoir face à lui un dissident LR, Laurent Bourguignat.

Emmanuel Bichot peut en revanche compter sur un autre soutien, embarrassant celui-là: Reconquête, le parti d'Éric Zemmour. "C'est une décision unilatérale et sans contrepartie", a assuré M. Bichot tandis que le PS dénonçait "une alliance qui marque une étape inquiétante dans la disparition de la droite républicaine".

De son côté le RN présente son propre candidat: Thierry Coudert, 68 ans, un ex-socialiste devenu chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et depuis réputé "sarkozyste de gauche".

Le RN n'a récolté que 6,8% des voix aux municipales de 2020 mais, aux législatives de 2024, il a presque triplé le nombre de ses députés en Bourgogne-Franche-Comté.

À gauche, au premier tour, Mme Koenders ne peut compter que sur ses troupes du PS, et une partie des écologistes, les autres Verts formant leur propre liste, avec notamment les communistes. Ces écologistes "non-Rebs" avaient contraint à une triangulaire en 2020, se classant 3e au second tour.

Fadila Khattabi à Paris le 23 septembre 2024 ( AFP / IAN LANGSDON )

Fadila Khattabi à Paris le 23 septembre 2024 ( AFP / IAN LANGSDON )

Malgré le soutien appuyé de Rebsamen à Macron, pour qui il a appelé à voter dès le premier tour de 2022, Renaissance présentera également sa propre liste avec à sa tête l'ancienne socialiste et ex-ministre macroniste Fadila Khattabi, 63 ans.

Elle mène cependant des pourparlers en vue d'une fusion avec le LR dissident Bourguignat, selon des sources proches du dossier.

En 2020, la majorité présidentielle n'avait recueilli que 8,80%.

LFI essaie de tirer également son épingle du jeu de ce qu'elle annonce comme la déconfiture programmée du "logiciel Rebsamen". Les Insoumis avaient fait à peine plus de 5% en 2020.

Ils ont, de plus, échoué à faire liste commune avec le mouvement citoyen "Dijon Avenir", écologiste et social, qui présentera donc son propre candidat.

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