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A Davos, Trump réclame le Groenland et l'allégeance de ses alliés
information fournie par Reuters 21/01/2026 à 16:41

(Actualisé avec discours de Trump)

par Steve Holland

Donald Trump a réclamé mercredi l'ouverture de négociations pour acquérir le Groenland, tout en disant ne pas vouloir recourir à la force pour mettre la main sur le territoire semi-autonome danois, lors d'un discours au Forum économique mondial (FEM) de Davos pendant lequel il a une nouvelle fois fustigé le "déclin" de l'Europe et réclamé l'allégeance de ses alliés de l'Otan.

"On pensait que j'utiliserais la force, mais je n'en ai pas besoin", a déclaré Donald Trump devant un parterre de dirigeants mondiaux et de personnalités du monde des affaires réunis en Suisse.

"Je ne veux pas utiliser la force. Je n'utiliserai pas la force", a insisté le président américain, dont les velléités expansionnistes ébranlent les relations entre les États-Unis et les pays européens.

Donald Trump a fait semblant de s'étonner de l'indignation suscitée par ses visées sur le Groenland, affirmant que son pays est le seul à pouvoir protéger le territoire dans l'intérêt de "la sécurité des États-Unis et du monde", et présentant son annexion comme une "petite demande" portant sur un "morceau de banquise".

L'acquisition du Groenland ne constitue pas une menace pour l'Otan, dont le Danemark fait partie, a-t-il encore affirmé, sans manquer de fustiger "l'ingratitude" de Copenhague et disant douter que les pays européens membres de l'Otan viendraient militairement en aide aux États-Unis si ceux-ci en avaient besoin.

"Nous demandons un bout de banquise en échange de la protection du monde, et ils ne veulent pas nous le donner", s'est agacé Donald Trump, réclamant des "négociations immédiates" sur l'acquisition du Groenland pour couper court aux ambitions qu'il prête à la Russie et à la Chine.

"On ne peut pas défendre le Groenland avec un bail, nous voulons un titre de propriété", a martelé l'ancien magnat de l'immobilier, qui a menacé de déclencher une guerre commerciale contre les Européens qui s'opposeraient à son projet.

"DÉCLIN EUROPÉEN"

Des sources au fait de la question ont déclaré à Reuters que l'obsession de Donald Trump pour le Groenland est surtout liée à sa volonté de rester dans l'Histoire comme le président qui a agrandi le territoire des États-Unis de la manière la plus importante depuis que l'Alaska et Hawaï en sont devenus les 49e et 50e États en 1959, sous la présidence du républicain Dwight Eisenhower.

Enhardi par l'éviction du président vénézuélien Nicolas Maduro et le rachat du pétrole de ce pays, le chef de la Maison blanche a lui-même établi un lien entre ses ambitions territoriales et sa frustration de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix.

Dans un discours décousu pendant lequel il a vanté le "miracle" de sa présidence pour la situation économique des États-Unis, Donald Trump s'en est particulièrement pris au "déclin" de ses alliés européens.

"J'aime l'Europe et je souhaite qu'elle se porte bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction", a-t-il dit, estimant que le Vieux continent est devenu par endroits "méconnaissable" en raison de l'immigration de masse et de la transition énergétique décidée en réponse au "canular" du changement climatique.

"Nous voulons des alliés forts, pas affaiblis, et nous voulons que l'Europe soit forte", a poursuivi Donald Trump, reprenant une thématique déjà déroulée l'an dernier par son vice-président J.D. Vance à la conférence sur la sécurité de Munich.

Donald Trump est arrivé en Suisse avec plusieurs heures de retard après un "problème électrique mineur" à bord d'Air Force One, qui a contraint le président américain à changer d'appareil à Washington.

(Reportage de Steve Holland et Trevor Hunnicutt, avec la contribution de Dave Graham, Ariane Luthi et Dmitry Zhdannikov ; version française Camille Raynaud, Benjamin Mallet et Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)

7 commentaires

  • 18:22

    Ce que veut Trump, c'est soumettre l'Europe. Il ferait mieux de défendre l'Ukraine contre l'invasion de Poutine... Quel manche !


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