Le prix d'un 30m² à Paris représente 15 ans de salaire au SMIC

le , mis à jour à 14:55
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Dans l'immobilier parisien, le pouvoir d'achat des Français a globalement été divisé par deux en 15 ans.
Dans l'immobilier parisien, le pouvoir d'achat des Français a globalement été divisé par deux en 15 ans.

Dans son édition du mercredi 24 juin, Les Echos publient un dossier sur le thème « Les Français et l’argent ». Le journal a notamment essayé d’estimer combien de temps un Français payé au SMIC doit travailler pour pouvoir s’offrir certains types de biens. Ces résultats sont comparés à ceux de l’an 2000.

Les données sur l’évolution du « pouvoir d’achat », régulièrement publiées par l’Insee ou Eurostat, n’ont pas toujours grand sens à court terme à cause du manque de recul de ces statistiques. Celles-ci agrègent par ailleurs l’ensemble des biens de consommation en un seul « panier de biens », peu significatif à l’échelle personnelle, tant les préférences de consommation peuvent varier d’un individu à l’autre.

C’est pour cette raison que Les Echos ont décidé de comparer l’évolution du pouvoir d’achat en France sur 15 ans (au lieu d’une seule année), et de faire cette analyse pour dix biens différents, représentatifs de leur catégorie.

L’unité de comparaison entre les prix de l’an 2000 et ceux de 2015 est le temps de travail qu’un salarié payé au SMIC doit (ou devait) consacrer pour pouvoir s’acheter chacun des biens étudiés. Le journal part de l’idée que le SMIC horaire de l’an 2000 était de 6,41 euros, contre 9,61 euros en 2015.

Principaux gains de pouvoir d’achat en 15 ans : l’avion et le forfait mobile

Parmi les biens pris en compte par Les Echos, se trouvent notamment un billet d’avion Paris-Barcelone (symbolique du coût d’un départ en vacances), et celui d’un forfait mobile moyen.

Ces deux cas sont les seuls de l’échantillon où les prix ont baissé entre 2000 et 2015 : le prix moyen du billet d’avion mentionné serait ainsi passé de 242 euros à 114 euros, et celui des forfaits mobiles de 29,2 euros à 22 euros en moyenne. En tenant compte, par ailleurs, de la hausse du salaire horaire minimum, un travailleur au SMIC doit désormais travailler pendant 1 jour et 4 heures pour s’acheter ce billet, et 2 heures 17 minutes pour payer son forfait mobile mensuel. En 2000, le prix de ces mêmes biens représentait respectivement 5 jours 2 heures de SMIC horaire, et 6h 7min pour le forfait mobile mensuel. Le gain de pouvoir d’achat est donc très important.

D’autres biens ont vu leur prix augmenter en 15 ans, mais moins rapidement que le SMIC. Tel est le cas d’un ticket de cinéma, d’une « Renault Clio 2 » à 5 ouvrants, d’une baguette de pain ou d’un café. Sur ces biens, un gain de pouvoir d’achat se serait donc vu en 15 ans, malgré les idées reçues à ce sujet. Par exemple, pour s’acheter une Renault Clio, un travailleur au SMIC devait épargner 11,5 mois de revenus en 2000, contre 9,8 mois aujourd’hui. La baguette de pain, malgré son passage de 64 à 86 centimes en moyenne en l’espace de 15 ans, ne représente plus que 5 minutes de travail contre 6 minutes auparavant.

Principales pertes de pouvoir d’achat : cigarettes et immobilier

Après ces bonnes statistiques, viennent celles qui sont moins plaisantes. Autre exemple pris par le journal : le prix d’une entrecôte de bœuf (symbolique du prix d’un repas au restaurant) a augmenté légèrement plus rapidement que le SMIC, de même pour le pass’ Navigo (symbolique du coût des transports), qui coûtait 43,45 euros en 2000 pour deux zones, contre 70 euros de nos jours.

Un écart encore plus significatif concerne le prix des cigarettes. Ainsi, le « paquet de Marlboro », qui coûtait 3,20 euros en 2000, coûte désormais 7 euros : là où ce prix représentait 30 minutes de travail au SMIC en 2000, il en représente désormais 44 de nos jours.

Et surtout, bien au-delà de ces biens de consommation quotidienne, les prix de l’immobilier ont sans surprise augmenté beaucoup plus vite que les salaires au cours des quinze dernières années, notamment dans les grandes villes. À titre d’exemple, Les Echos prennent le cas d’un studio de 30m² situé à Paris. Faisant l’hypothèse d’un prix du mètre carré à 8700€, le journal estime le prix d’un tel bien autour de 261.000 euros. En 2000, le même studio aurait coûté environ 86.500 euros. La perte de pouvoir d’achat est ici très forte : là où ce bien représentait l’équivalent de 7 ans et 6 mois de travail au SMIC, il représente désormais 15 ans de travail dans les mêmes conditions.

Et encore, cela ne signifie pas qu’un travailleur au SMIC pourra s’acheter un tel appartement au bout de 15 ans : le chiffre serait en effet valable uniquement si la personne en question ne réalisait aucune autre dépense pendant ces 15 années, ce qui est évidemment purement théorique.

En somme, ces chiffres illustrent globalement l’idée qu’en 15 ans, le coût de la vie quotidienne a plutôt baissé pour les Français, malgré certaines exceptions, mais que ces économies sont largement annulées par la hausse des coûts de logement. D’où le sentiment souvent observé que le niveau de vie n’évoluerait plus en France depuis plusieurs années.

X. Bargue

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  • M7097610 le jeudi 25 juin 2015 à 10:12

    remettez l'armée dans les casernes de l'est de la France pour faire autre chose que du gras et vous verrez que l'immobilier baissera !

  • 445566ZM le mercredi 24 juin 2015 à 21:39

    Mais les français qui possèdent un petit pactole ont intérêt à acheter "de la pierre". L'argent perd de la valeur. Selon le mensuel Le Particulier un euro d'aujourd'hui représente un franc de 1971. A méditer.

  • dotcom1 le mercredi 24 juin 2015 à 19:14

    L'étude ne mentionne pas l'inflation cumulée en 15 ans, qui s'élève à 27.3% et qu'il faut donc rajouter aux prix de l'époque pour les comparer aux prix actuels. Ex : le pass Navigo à 43.45 euros de 2000 représentent 55 euros de 2015. Ca manque de rigueur aux Echos.

  • d.e.s.t. le mercredi 24 juin 2015 à 16:25

    Rien de tel pour éloigner les migrants de Paris , M.Raffarin, ce n'est même pas la peine de les envoyer à la campagne!

  • Cambio17 le mercredi 24 juin 2015 à 16:17

    C'est pour çà que j'ai quitté la région Parisienne il y a 18 ans !

  • bsdm le mercredi 24 juin 2015 à 15:58

    Article stupide car tout dépend des dates comparaison : en 2000 l'immobilier à paris sortait d'une période de baisse de 8 ans !

  • papysoft le mercredi 24 juin 2015 à 15:40

    on a pas idée quand meme ; 'acheter un 30 metres carrés à ce prix là quand on est au SMIC , c'est de la folie !!!!!

  • M9425023 le mercredi 24 juin 2015 à 15:37

    Je suis pauvre,

  • heimdal le mercredi 24 juin 2015 à 15:33

    Ou commenr Les echos font un pied de nez à l'insee et leur panier moyen immuable qui n'est plusvreprésentatif de l'évolution des prix .Et encore on ne parle toujours pas de fiscalité locale qui a explosé.

  • M169421 le mercredi 24 juin 2015 à 15:29

    Par contre fififif,M116 a raison sur l'offre et la demande.les parisiens acceptent certaines choses,contraintes,mais tout dépend où tu es en province,car tu as des endroits où c'est bien triste,un taux de chômage très élevé,des maisons qui ne se vendent pas au bout de plusieurs années,et qui sont un fardeau pour ceux qui la possèdent.Comme si c'était mieux,là bas..M'ouai.