L'immobilier français risque-t-il de subir l'impact du Brexit ?

le , mis à jour à 16:15
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Le Brexit représente à la fois des risques et des opportunités pour le marché de l'immobilier français.
Le Brexit représente à la fois des risques et des opportunités pour le marché de l'immobilier français.

Depuis le début de la semaine, les investisseurs s’inquiètent du sort du marché immobilier britannique, dont les prix pourraient pâtir indirectement du « Brexit ». Six fonds de placements immobiliers ont dû être suspendus au Royaume-Uni en seulement trois jours. Faut-il s’attendre à une contagion de ces craintes aux autres capitales européennes, et notamment à Paris ?

Les Britanniques pourraient limiter leurs achats à Paris

« En ce qui concerne le Brexit, les possibles conséquences sur le marché immobilier sont de plusieurs ordres. La première est liée à la baisse de la devise britannique. Cette baisse, si elle devait se maintenir ou s’amplifier, entraînerait une baisse de pouvoir d’achat et donc de la demande des britanniques désireux d’acheter des biens immobiliers en France » affirme Sébastien de Lafond, Président et fondateur de MeilleursAgents.com.

L’impact sur la tenue des prix pourrait être notable du fait que « Les Britanniques sont les premiers investisseurs étrangers en France devant les Italiens » affirme le président de MeilleursAgents. « Une baisse de la demande britannique se ferait ressentir particulièrement dans les stations de ski des Alpes, dans les quartiers centraux de Paris, sur la Côte d’Azur, en Bretagne et dans certains départements du sud-ouest prisés par nos voisins d’outre-manche ».

Selon une étude de 2013 menée par BNP Paribas, les Britanniques achèteraient en France des biens d’une valeur moyenne de 700.000 euros. Les Britanniques « achètent des biens de valeur élevée, d’où un impact concentré sur l’immobilier haut de gamme », note ainsi Sébastien de Lafond.

L’immobilier pourrait néanmoins remplir son rôle de valeur-refuge

Anticiper un impact négatif sur l’immobilier français à cause d’une baisse de la demande britannique reste quelque peu exagéré, d’autres effets du Brexit pouvant au contraire jouer à la hausse sur les prix.

« Si le Brexit devait entraîner une volatilité durable des marchés financiers, l’immobilier pourrait bénéficier, comme d’autres actifs considérés comme valeurs refuges (l’or, le franc suisse, le dollar…) d’un afflux d’investisseurs désireux de mettre leur patrimoine à l’abri dans un monde plus incertain » envisage ainsi Sébastien de Lafond.

Surtout, le Brexit provoque depuis deux semaines une nouvelle baisse des taux sur les marchés obligataires, vouée à se répercuter sur les taux du crédit immobilier. « Pour le marché immobilier français, cette nouvelle baisse des taux d’intérêt va à nouveau gonfler le pouvoir d’achat des acquéreurs et maintenir -assez artificiellement- les prix dans les prochains mois » envisage le président de MeilleursAgents.

Grâce à ces forces de rappel, « En cas de crise majeure, la classe d’actifs immobiliers ne devrait pas être la plus maltraitée » explique-t-il.

A Paris comme en régions, les prix ont progressé en juin

Les derniers chiffres du baromètre de MeilleursAgents pour le mois de juin montrent en tout cas que l’immobilier français reste toujours bien orienté depuis le début de l’année.

« En juin, à quelques exceptions près, les prix ont poursuivi leur augmentation : +0,5% à Paris et entre +0,3% et +0,6% dans les principales grandes villes de France », relève le site d’informations immobilières, en se basant sur les promesses de ventes enregistrées du 1er au 30 juin servant d’indicateur avancé sur l’évolution des prix. Parmi les grandes villes françaises, seule Strasbourg a vu les prix de son immobilier poursuivre leur contraction le mois dernier : -0,8% en juin et désormais -3,0% depuis le 1er janvier.

Les prix de l’immobilier à Paris ont progressé de 2,4% au cours du premier semestre 2016, prenant une petite revanche après trois années de tendance légèrement baissière. MeilleursAgents attribuait déjà le mois dernier cette hausse des prix à la poursuite de la baisse des taux du crédit immobilier.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • j.leviei il y a 11 mois

    Les investisseurs britaniques en France (ou ailleurs) sont les plus fortunés, le Brexit ne les affectera pas,seuls les plus modestes en subiront les conséquences...c'est toujours ce que l'on constate en cas de crise!

  • voeuxplu il y a 11 mois

    Kpm745 : Merci pour votre retour. Oui en Italie, sur Milan et Rome les baissent vont jusqu’à -30 à -40% et pour les situations nettes négatives des derniers entrants (Dette > Actif), ils ont crée une banque dédiée pour y loger 200 milliards d’€ de « Bad debts » validé par Bruxelles. En France, le mouvement devra partir de la CDC … Les Suisses y pensent aussi. Regagner du pouvoir d’achat (liberté d’achat) en France est impératif.

  • kpm745 il y a 11 mois

    Voeuxplu : Tout à fait d’accord avec vous. Les gouvernements français successifs mènent une politique suicidaire sous l’influence des lobbies (banquiers, promoteurs, notaires, …). Mais la réalité finit toujours par gagner

  • sibile il y a 11 mois

    dès que la droite aura supprimé la loi Alur, les prix de l'immobilier à Paris vont à nouveau flamber

  • voeuxplu il y a 11 mois

    Paris et les autres villes suivront ! L'immobilier a chuté en Espagne avec la crise, en Italie ces 3 dernières années avec un contrôle de l'Etat, l'Allemagne au eu la sagesse de ne jamais laisser s'enflammer le prix des terrains et favorisé du "sur-parc", bref pour redonner du pouvoir d'achat aux Français, les salaires sont bloqué, les impôts ne peuvent baisser, donc il faut jouer sur le prix des loyers donc sur le prix de l'immobilier. Les banques, grands bailleurs hésitent ? A qui le tour?

  • dotcom1 il y a 11 mois

    Il suffit de voir ce que l'Europe a apporté à l'immobilier londonien depuis l'entrée en vigueur de directive concernant les marchés d'instruments financiers en 2007 pour savoir ce que Paris peut espérer gagner d'un transfert des activités financières de la City. Mais encore faudrait-il se débarrasser des zombis marxistes qui embarassent notre paysage politique.

  • M7966995 il y a 11 mois

    Si Paris réussi a récupérer une partie des entreprises et notamment des groupes financiers qui vont quitter Londres, il faut s'attendre à une hausse à 2 chiffres. Tout va dépendre du nouveau gouvernement qui va remplacer le gros mou. Si on supprime l'ISF et qu'on réduit les charges des entreprises, ça va monter en flèche.

  • jamlo12 il y a 11 mois

    JE JUBILE

  • toninofr il y a 11 mois

    C'est comme Tchernobyl ... ça va contourner la France ...

  • j.barbe6 il y a 11 mois

    J'y crois pas, seul actif tangible, physique.Au contraire cela a été bridée par l'ISF et la fiscalité franco/francaise.D'autant plus que les marchés baissent et assurance vie rendement 0 et si on est dans le privé c'est le seul rempart/actif face au chomage. Aprés oui le fonctionnaire garantie d'emploi et de revenu espére la déflation.