Même à 200.000 euros, ce château en kit ne trouve pas preneur

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EN IMAGES - Démonté à la fin des années 90, ce château dont les éléments ont été répartis sur 423 palettes attend un repreneur. Mis aux enchères récemment à 200.000 euros, il n’a séduit aucun acquéreur.

Le château d’Estoua a connu 125 ans d’une histoire riche en rebondissements mais rarement très heureuse. Construite en 1890 dans la veine néoclassique d’Ange-Jacques Gabriel, premier architecte du roi sous Louis XV et auteur de la place de la Concorde, cette demeure n’a jamais été occupée. Elle avait été commandée pour les deux frères jumeaux Dubarry de la Salle, famille toulousaine de juristes, auprès d’un célèbre architecte de l’époque, René Sergent. On lui doit notamment deux grands hôtels londoniens: le «Claridge» et le «Savoy». Les deux commanditaires ne profiteront pas de cette demeure puisqu’ils disparaissent tous deux à Verdun en 1915.

Les raisons de l’abandon de ce château sur la commune de Gabarret dans les Landes restent floues, mais ce qui est sûr c’est qu’à la fin des années 1990, la bâtisse est démontée pierre par pierre. Il s’agissait alors de faire passer à travers le terrain du château une route, qui n’a jamais vu le jour depuis. Résultat: un immense jeu de construction de 800 tonnes représentant près de 700 m3 de «pierres de Cireuille d’une qualité exceptionnelle» répartis en 423 palettes stockées en Gironde.

Si l’ensemble a été récupéré par un acheteur privé, ce dernier souhaite aujourd’hui s’en défaire et ce n’est visiblement pas chose aisée. Mis aux enchères à Bruxelles le 12 décembre dernier, le château en kit n’a pas trouvé preneur. «C’est une vraie curiosité architecturale avec une belle signature», souligne Me Gilles Néret-Minet, le commissaire-priseur qui avait organisé la vente bruxelloise. Il reconnaît cependant la complexité de l’opération: «L’acquéreur doit se lancer dans une aventure longue et coûteuse qui n’a rien à voir avec le montant de la mise à prix, précise-t-il. Cet achat nécessite un budget global de 4 millions d’euros, or il y a en France 700 châteaux, bien debout, à vendre.»

Il ne désespère cependant pas de trouver un aventurier prêt à se lancer. Au total, le château mesure très précisément 40,69 mètres de long sur 14,85 mètres de large et 14 mètres de haut pour une surface exploitable de 1.400 m2 répartis entre rez-de-chaussée, premier étage et entresol. La notice de vente précise également qu’il faut disposer d’une profondeur de 1,2 mètre pour les fondations en sous-sol.

«J’espérais trouver un acquéreur chinois car ils sont friands de ce genre de bâtiment, souligne Me Néret-Minet, mais chez eux aussi les affaires sont plus difficiles en ce moment. Quant aux Américains, ils pourraient profiter de l’euro faible.» Une solution française, n’est pas totalement écartée pour autant puisqu’un acquéreur potentiel tricolore envisageait la possibilité de faire de la bâtisse le siège social de sa société. De quoi redonner espoir au château maudit d’Estoua.

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  • dotcom1 le jeudi 5 fév 2015 à 11:30

    Bénéficie-t-il de l'abattement Malraux?

  • quoa le samedi 31 jan 2015 à 17:33

    il doit retourner a moulinsart