Les Français sont fans de consommation collaborative, parfois sans le savoir

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Le marché mondial de l'économie de partage pourrait atteindre près de 270 milliards d'euros d'ici à 2025, contre 12 milliards aujourd'hui, selon PwC. En France, près de la moitié des consommateurs y ont eu recours cette année.

Aujourd'hui, tout ou presque peut se louer, s'échanger ou se partager via Internet. Voitures, maisons, canapés, frigos, machines à laver, journaux ... Poussés par la crise, les consommateurs s'adonnent de plus en plus au «CtoC» (c'est-à-dire «consumer to consumer», un terme qui désigne les transactions entre particuliers) comme alternative au commerce traditionnel. Résultat, le marché mondial de la consommation collaborative va exploser. Il pourrait atteindre 335 milliards de dollars (près de 270 Mds€) d'ici à 2025, contre 15 milliards (12 Mds€) aujourd'hui, selon une récente étude du cabinet PwC.

En dix ans, le concept d'économie de partage, autre nom pour ces pratiques des consommateurs privilégiant l'usage de biens à la propriété, est passé d'un «système D» entre amis ou en famille à un véritable marché suscitant les convoitises de startups comme des grandes entreprises internationales. PwC a étudié cinq grands secteurs pour évaluer la taille de ce marché: la finance peer-to-peer (prêts entre particuliers), le recrutement en ligne, le logement (comme l'échange d'appartements), l'autopartage et la musique/vidéo en streaming. «L'économie de partage est née de la fusion de plusieurs grandes tendances qui ont principalement émergé grâce aux nouvelles technologies, à la baisse des ressources et aux évolutions sociales», résume Robert Vaughan, économiste à PwC.

En France, la tendance a pris aussi. Près de la moitié des Français ont eu recours à une pratique de consommation collaborative en 2014, relève le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc). «Par exemple parmi les livres acquis depuis six mois, 22% ont été achetés d'occasion en 2014 contre seulement 15% en 2013, 3% ont été loués et 23% empruntés. Seule la moitié des livres acquis en 2014 ont été achetés neufs», écrit-il dans une étude. De même, la part des produits électroménagers achetés d'occasion est passée de 2,8% à 5,5% entre 2006 et 2011, celle des meubles de 8,2% à 10,1%, celle des produits audiovisuels de 3,2% à 4,5%, et celle des produits de jardinage-bricolage de 3,3% à 4,4%.

Des pratiques répandues mais méconnues

«Les perspectives d'évolution du pouvoir d'achat par ménage très affaiblies conjuguées à celles du chômage ne feront qu'amplifier et pérenniser ces changements de comportements de la part des ménages», prédit le Crédoc. Acheter moins cher n'est pas la seule motivation des consommateurs. «Cette diffusion rapide de la pratique des ventes dites C to C traduit (...) une recherche de partage, caractéristique des jeunes générations, et une réponse aux aspirations écologiques», relève le centre de recherche.

Paradoxalement, l'essor de ce marché passe presque inaperçu tant le concept de consommation collaborative est encore mal connu des Français. D'après un sondage réalisé pour l'Institut national de la consommation (INC), seules 40% des personnes interrogées disent en avoir entendu parler. Les consommateurs le pratiquent donc souvent sans le savoir. Ainsi, par exemple, 96% des sondés connaissent le site Leboncoin.fr, qui permet aux particuliers d'échanger ou de se vendre des produits, et 73% disent l'utiliser régulièrement.

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