Les attentats ont pénalisé le début des soldes

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La fréquentation dans les magasins parisiens a reculé de 10% pour le premier week-end de soldes. Entre émotion et inquiétude, les Français ont déserté les boutiques.

En ces périodes de deuil national, les Français n'ont pas le c½ur à consommer. C'est ce qu'ont constaté de nombreux magasins la semaine dernière, notamment dans la région parisienne, théâtre des événements terroristes ayant touché notre pays. Hasard total du calendrier, le drame de l'attentat de Charlie Hebdo s'est tenu le premier jour des soldes d'hiver. Un événement traditionnellement important pour les commerçants, souvent la plus grosse journée de l'année.

Selon un sondage Toluna, la fréquentation des boutiques d'Ile-de-France a ainsi chuté de 10% pour le premier week-end des soldes par rapport à la même période de l'année dernière. Un recul limité à 7% depuis le mercredi 7 janvier, date de début des soldes, mais qui reste préjudiciable, le lancement de cette période commerciale étant particulièrement importante. Refroidis par la violence des événements, les mesures de sécurité prises dans les lieux publics et, surtout, mus par l'élan de solidarité de la marche républicaine du dimanche 11 janvier, les Français ont donc déserté les magasins. Particulièrement le week-end dernier, après le dénouement des deux prises d'otages à Dammartin-en-Goële et dans le magasin Hyper Casher de la Porte de Vincennes.

«Citoyens plus que consommateurs»

Dimanche, ils étaient ainsi près de 3,7 millions à choisir la rue et défiler un peu partout en France en mémoire des victimes. Malgré les rabais très attractifs proposés dès le début des soldes, moins d'un Français sur deux (48,9%) a ainsi participé aux soldes. C'est près de 4% de moins que les soldes d'hiver 2014. «Avec l'émotion et l'inquiétude soulevées par les attaques terroristes, les Français se sentent davantage citoyens que consommateurs, analyse Philippe Guilbert chez Toluna. Les consommateurs se contentent souvent de faire les achats prévus de longue date.» De fait, à Paris, les grands magasins ont constaté jeudi 8 et vendredi 9, au plus fort de l'attaque terroriste, un calme inhabituel pour une première semaine de soldes. Chez un libraire d'occasion proche de la rédaction de Charlie Hebdo, le magasin était «désert» mercredi toute la journée.

«Ce recul n'est peut-être pas définitif car une majorité des personnes compte faire ou refaire les soldes avant leur clôture officielle. Les prochaines semaines permettront de voir si des effets de rattrapage se produisent, et quels lieux d'achat sont privilégiés», poursuit Philippe Guilbert. Un rattrapage auquel ne croient pas de nombreux commerçants. C'est le cas de Gilles Bennejean, le patron fondateur du distributeur de bijoux Cléor. Après une recul de 15% de ses ventes sur les quatre premiers jours de soldes, le dirigeant estime que le rattrapage de ce mauvais départ se révélera mission presque impossible.

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