La crise a fortement modifié la consommation des ménages européens

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Depuis 2009, les ménages européens ont réduit leurs dépenses de consommation et n'hésitent plus à comparer et négocier les prix. Ils achètent et vendent également davantage d'objets d'occasion.

La crise a fortement modifié la consommation des ménages européens, fragilisés par la baisse de leur pouvoir d'achat et la montée du chômage. Plus des deux tiers (73%) affirment ainsi que leur pouvoir d'achat est sous contraintes et 52% que leur situation financière s'est dégradée depuis 2009», note l'Observatoire Cetelem de la consommation (1). «Le pouvoir d'achat reste la préoccupation majeure des Européens, derrière le chômage», explique Flavien Neuvy, responsable de l'Observatoire. Ce dernier souligne d'ailleurs qu'en France les dépenses contraintes sont plus importantes que dans les autres pays européens en raison du poids de l'immobilier (loyers ou crédit immobilier), représentant entre un quart et un tiers du budget des ménages en moyenne.su

Résultat, les Européens consomment moins qu'il y a cinq ans. La moitié des sondés (52%) avouent avoir réduit leurs dépenses et appris à davantage maîtriser les achats d'impulsion (56%), les ménages réfléchissant davantage avant d'acheter. Au cours des cinq dernières années, les ventes de voiture et de textile ont baissé sur le Vieux Continent. Les Européens n'hésitent pas à décaler les achats non prioritaires et à différer des achats importants (66%). La baisse du pouvoir d'achat les oblige désormais à comparer les plus prix plus qu'en 2009 (85% des Français sont dans ce cas), à négocier (59% des Français) et à acheter «malin» (78% des Français) en privilégiant promotions et achats «low-cost». La consommation alternative prend d'ailleurs de l'ampleur: 6 personnes sur 10 revendent elles-mêmes des objets et 66% achètent des produits d'occasion. Cette tendance récente devrait perdurer. D'autant que la consommation sert moins de faire valoir social qu'il y a cinq ans.

Des acheteurs de plus en plus pressés

Les acheteurs européens sont parallèlement de plus en plus pressés, 37% d'entre eux estimant déjà passer moins de temps dans les magasins qu'en 2009 et 61% affirmant que leur objectif est d'aller le plus vite possible. «L'impatience est devenu un phénomène de société», avance Flavien Neuvy, qui souligne toutefois que les Français consacrent deux fois plus de kilomètres que dans les années 1980 pour se rendre sur leur travail. Le recours croissant au «drive» ou aux courses en ligne permet de remédier au manque de temps. La durée passée sur Internet a ainsi augmenté pour près de la moitié des consommateurs (49%).

«Mais le magasin garde deux atouts de poids: il est synonyme de plaisir et plus encore de qualité», ajoutent les auteurs de l'étude. «C'est pourquoi, près d'un Européen sur deux (49%) voit d'un bon œil l'élargissement des horaires d'ouverture des magasins et 33% des Français pensent que l'ouverture des magasins le dimanche faciliterait leurs achats, leur donnant le temps de se renseigner, de se faire plaisir en s'assurant qu'ils font le bon choix», ajoutent-ils.

(1) Étude annuelle réalisée entre le 4 novembre et le 2 décembre dans douze pays et auprès d'un échantillon représentatif de 8719 Européens, dont 3164 Français

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