L'IMSI Catcher : la high-tech au service de l'anti-terrorisme

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Cinq jours avant le premier tour de la présidentielle, deux hommes soupçonnés de préparer un attentat ont été arrêtés à Marseille. Selon le journal Le Monde l'opération a notamment été rendue possible grâce à l'utilisation d'IMSI Catchers. Ces appareils permettent de capter des conversations téléphoniques. Décriée par les défenseurs de la vie privée, cette technologie est pourtant de plus en plus utilisée.

L'IMSI Catcher : la high-tech au service de l'anti-terrorisme
L'IMSI Catcher : la high-tech au service de l'anti-terrorisme

Le fonctionnement de l'IMSI Catcher

Montés dans des véhicules ou simplement transportés dans des sacs à dos, les ISMI Catchers font la taille d'une valise. Ils imitent le fonctionnement d'une antenne-relais de téléphonie mobile afin que les appareils situés à proximité s'y connectent. Ainsi, ils captent l'IMSI (International Mobile Subscriber Identity), le numéro d'identifiant unique de toute carte SIM, et cela dans un rayon de 100 mètres. Ils peuvent alors notamment intercepter les appels, lire ou envoyer des SMS, et aspirer les données de trafic web. L'IMSI Catcher permet également de bloquer tout appel vers un téléphone ciblé. A l'origine, il profitait pour cela d'une faille de sécurité dans le réseau 2G. Pour contrer les améliorations de la 3G et de la 4G, plus sécurisés, il suffit de forcer le téléphone visé à se connecter en 2G.
Par rapport à des écoutes "classiques", cet outil est particulièrement utile dans le renseignement car il permet de continuer de surveiller des individus qui changent régulièrement de téléphone et de carte SIM. En le déployant à proximité des suspects la police peut intercepter toutes les communications, quelle que soit la carte SIM utilisée.

Un cadre réglementé ?

L'IMSI Catcher est vivement critiqué par les défenseurs des libertés individuelles. En effet, loin de ne surprendre que les conversations des individus suspectés, ces fausses antennes captent également toutes les communications qui se trouvent dans son champ d'action, y compris celles de citoyens intègres qui souhaitent protéger leur vie privée. En effet, bien que l'utilisation des IMSI Catcher soit définie dans un cadre légal depuis 2015 et la réforme de la loi pénale de juin 2016, elle reste sujette à polémique.

Au service du renseignement

Si les vendeurs de ce type d'appareil sont difficiles à localiser, on sait en revanche qui en sont les acheteurs. De nombreux pays utilisent en effet les IMSI Catchers dans le cadre de leurs services de police et/ou de renseignement. C'est le cas de la France donc, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et d'autres pays plus ou moins démocratiques. L'Europe a par ailleurs interdit la vente de ces appareils à la Syrie ou à l'Iran.
Aux Etats-Unis, leur utilisation fréquente a suscité tant de polémiques que les polices locales doivent signer des contrats très stricts les obligeant à la plus grande discrétion.
En France, les autorités ne seraient pas les seules à utiliser ces dispositifs. Des officines privées auraient également investi dans les IMSI Catcher, en toute illégalité, selon Jean-Jacques Urvoas, ancien garde des Sceaux et rapporteur du projet de loi sur le renseignement.
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