L'assurance-vie séduit toujours plus d'épargnants

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Le produit de placement préféré des Français a affiché une collecte nette en avril pour le seizième mois consécutif, au détriment du livret A. Mais 60 millions de consommateurs alerte sur des rendements «en trompe-l'œil».

Mois après mois, l'assurance-vie confirme son statut de placement favori des épargnants. Selon les derniers chiffres de l'Association française de l'assurance (Afa), les dépôts en avril ont encore été supérieurs aux retraits de 2,3 milliards d'euros, un niveau de collecte supérieur de 27% à celui d'avril 2014. L'assurance-vie enregistre son seizième mois de collecte nette d'affilé. Sur les quatre premiers mois de l'année, ce produit de placement a enregistré une collecte nette de 8,8 milliards d'euros. Au total, 1558,7 milliards d'euros étaient déposés sur ces contrats à fin avril.

Dans le détail, les cotisations (ou dépôts) ont augmenté en avril de 9% sur un an pour atteindre 12,3 milliards d'euros, tandis que les prestations (ou retraits) ont augmenté de 5%, à 10 milliards d'euros. Depuis le début de l'année, le montant des cotisations cumulées par les sociétés d'assurances atteint 46,8 milliards d'euros tandis que les prestations se chiffrent à 38 milliards.

Ces niveaux prouvent également le désamour des Français pour l'épargne réglementée (Livret A et LDD). Depuis le début de l'année, cette dernière a enregistré une décollecte nette de 2 milliards d'euros. Les épargnants fuient notamment le Livret A dont la rémunération de 1% pourrait encore baisser cet été. En face, les assureurs vantent les mérites des fonds en euros des contrats d'assurance-vie (investis majoritairement en obligations), dont le capital est garanti. Ils ont rapporté en moyenne 2,5% en 2014.

Les contrats liés à la performance boursière plébiscités

Autre fait notable souligné par l'Afa: l'appetit de plus en plus grand des Français pour les contrats d'assurance-vie en unités de compte, investis surtout en actions. Plus risqués que les fonds en euros car exposant l'épargne aux aléas du marché, ces contrats sont aussi jugés plus rémunérateurs que les fonds en euros. Ces derniers souffrent d'une baisse mécanique de leur rendement en raison des taux d'intérêt actuellement très bas.

En avril dernier, les versements sur les supports unités de compte ont ainsi représenté 2,7 milliards d'euros contre 1,6 milliard un an plus tôt. Depuis le début de l'année, ils ont atteint 9,9 milliards d'euros (+46% sur un an). Les efforts des assureurs pour réorienter l'épargne vers ces produits finissent donc par payer. Pour rappel, les contrats en unités de compte leur permettent d'améliorer leurs marges et leur coûtent moins cher en capitaux mobilisés.

Attention toutefois à ne pas croire toutes les promesses alléchantes de rendement, prévient 60 millions de consommateurs. Dans une enquête, qui sera publiée dans son numéro de juin, l'association dénonce des placements en «trompe l'œil». En utilisant la méthode de calcul de Better Finance For All, une fédération d'associations européennes d'épargnants, 60 millions de consommateurs en arrive à la conclusion que les rendements des fonds en euros l'an dernier ont été moins importants que les 2,5% mis en avant par les assureurs. «Après déduction des frais, taxes et inflation, le véritable rendement s'établit en réalité à 1,43%», explique-t-elle. De même, «entre 2000 et 2014, la rémunération des fonds en euros n'a pas été de 5,21% chaque année en moyenne, comme l'affichent les professionnels, mais seulement de 1,59% en réalité nette. L'épargne n'a donc pas grimpé de 78% en quinze ans, mais seulement de 24%».

Le verdict est encore plus sévère pour les unités de compte. «Elles ont en effet perdu 21,62% en capital entre 2000 et 2014, alors que les vendeurs affichent une hausse de 20%! Leur rendement annuel réel moyen sur cette période n'est donc pas de + 1,34%, comme l'affichent les assureurs, mais de -1,44%», assure l'association.

Cette dernière pointe du doigt les commissions «cachées» des assureurs. «Les frais sur chaque versement ne sont par exemple jamais (ou presque jamais) décomptés dans le calcul des taux de rentabilité des fonds en euros. Alors qu'ils peuvent aller jusqu'à 4 ou 5%! Quant aux contrats en unités de compte, ils subissent jusqu'à cinq commissions différentes, qui se cumulent! Sans que l'épargnant ne connaisse vraiment le total de sa facture…Les frais cachés sont si élevés que l'évolution des rendements des contrats en unités de compte n'a même pas de rapport avec celle des marchés des actions», assure-t-elle. Cette dernière appelle désormais les assureurs à accompagner la vente de ces produits d'une information financière «transparente et sincère».

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