Des épaves automobiles larguées dans les centres-villes pour vanter le recyclage

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Une dizaine de municipalités ont installé ce vendredi des épaves de voitures dans leurs artères commerçantes. Objectif : convaincre les Français qu'ils doivent confier leur vieille voiture à un centre agréé plutôt qu'à la filière illégale.

Une épave de voiture en plein centre-ville. Plus d'une dizaine de villes françaises, parmi lesquelles Lyon, Toulouse, Perpignan ou Auxerre, ont procédé à ce type d'installation ce vendredi 13 novembre. Objectif «sensibiliser le grand public au problème du recyclage automobile», explique Olivier Gaudeau, directeur ingénierie chez Indra, spécialiste de cette activité, et partenaire de l'opération.

Le recyclage automobile est une obligation. Bruxelles impose un taux de recyclage de 95% pour 2015. Un taux qui ne sera cependant sans doute pas atteint. En 2013, dernière année connue, il était de 90% dans l'Hexagone. «Il est techniquement facile d'atteindre ce taux de 95%, précise Olivier Gaudreau. La difficulté est aujourd'hui économique.» Il faut effectivement que le recycleur y trouve son compte sur le plan économique, ce qui n'a rien d'évident compte tenu de la baisse du prix des matières premières. L'une des activités d'Indra est d'ailleurs d'apporter des solutions à ses 400 recycleurs partenaires pour qu'ils gagnent de l'argent.

Plus d'un tiers des véhicules captés par la filière illégale

Aujourd'hui, cependant, le principal enjeu n'est toutefois pas là, mais plutôt dans la captation des épaves qui se retrouvent chez des ferrailleurs travaillant en dehors de toute filière officielle. «La filière légale traite aujourd'hui 1,1 million de véhicules par an, sur un volume total d'environ 1,7 million de véhicules», estime Olivier Gaudeau. C'est donc plus de 35% des volumes français qui disparaissent dans la nature chaque année. Le propriétaire d'une voiture peut être tenu responsable s'il n'en confie pas la destruction à un centre agréé. Les risques sont mêmes très importants, puisqu'il encourt une amende maximale de 75.000 euros et deux ans de prison.

L'immense majorité des propriétaires utilisant cette filière illégale sont des particuliers. Pour les approcher, Indra a décidé de créer une marque spécifique, «Goodbye car», et un site dédié. Il propose aux propriétaires d'évaluer le prix de leur vieille voiture, mais également de les mettre en contact avec le spécialiste de l'enlèvement d'épave le plus proche de chez eux. L'enlèvement peut cependant être payant. Lancé il y a 20 mois, le site a déjà permis de traiter 14.000 vieilles voitures. «Nous sommes beaucoup plus ambitieux, et visons plusieurs dizaines de milliers de véhicules par an», affirme Olivier Gaudeau. Les opérations de communication, comme celle du vendredi 13 novembre, doivent y contribuer.

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  • bearnhar le dimanche 15 nov 2015 à 09:22

    L'état se défausse de plus en plus sur le particulier, le consommateur, et la poubelle ceci, la poubelle cela, l'état n'est plus responsable de rien, par contre faites gaffe à vous car on vous aligne et pas qu'un peu.

  • bearnhar le dimanche 15 nov 2015 à 09:19

    L'automobiliste qui ne passe pas par une filière agrée rique tant, et le ferrailleur qui travaille en dehors de toute filière officielle, il risque quoi ? Moi je demande qu'il soit interdit d'exercer, et à vie, en plus de devoir payer intégralement la dépollution de son terrain car faut voir l'état des terrains dans les casses, c'est un scandale et ils ne dépolluent rien du tout c'est moi qui paye !!

  • bearnhar le dimanche 15 nov 2015 à 09:14

    Nous sensibiliser sur le recyclage...Moi je vais les sensibiliser à faire le travail pour lequel je les salarie. Seulement 25% des déchets électroniques sont recyclés, le reste part dans le tiers monde et on le retrouve en train de bruler en plein air, et ils regardent faire, ils regardent passer les bateaux remplis de déchets. Ils comptent nous amuser encore longtemps à ne s'en prendre qu'au consommateur ?

  • bearnhar le dimanche 15 nov 2015 à 09:10

    Comme si c'était moi qui décidait à qui je redonne mon ancienne voiture pour destruction !!! Non mais ils vivent où ? Et qui tolère ces filières illégales ? Ce sont bien les autorités ! Moi, un garagiste reprend ma voiture et après voyez-vous c'est juste plus mon problème. Ca devient insupportable de demander au consommateur de faire LEUR travail. C'est à eux d'éradiquer les filières illégales, je suis pas policier ni magistrat.