Billets d'avion: quand votre carte bancaire fait flamber les prix

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Au moment du paiement, les sites de réservation de voyages font varier les prix des billets d'avion en fonction de la carte bancaire utilisée, rapporte le Parisien-Aujourd'hui en France. Une pratique discrète, mais illégale.

Le top départ des réservations de vacances est lancé, et vous vous voyez déjà partir au Caraïbes à bas coût? Si les prix peuvent être aguicheurs sur internet, c'est de votre moyen de paiement qu'il faut vous méfiez. Carte bleue, Visa, American express ou Mastercard, toutes les cartes ne se valent pas, et la vôtre pourrait même vous coûter chère. Les sites de réservation de voyages feraient fluctuer les prix des billets d'avions en fonction de votre carte de paiement, rapporte le Parisien-Aujourd'hui en France ce lundi.

Le prix affiché au départ est alléchant mais flambe au moment crucial de choisir son type de carte bancaire. Des écarts de prix pouvant varier de 6 euros à presque 700 euros en fonction des sites, a calculé le quotidien. «L'intégralité des prix, quel que soit le moyen de paiement, est disponible dès la page de recherche», justifie ainsi au Parisien le site Opodo.

Des partenariats avec les émetteurs de cartes

Une pratique discrète, mais illégale. «En France, il n'est pas légal de facturer des frais supplémentaires pour favoriser un mode de paiement, explique Camille Bertrand, juriste au Centre européen des consommateurs. Mais les intermédiaires de ventes, comme les voyagistes, peuvent favoriser un mode de paiement en proposant une ristourne». Concrètement, il est interdit d'annoncer un prix de 100 euros pour un billet pour finalement le facturer 130 euros en fonction de la carte bancaire. Mais le voyagiste peut annoncer 130 euros dès le départ, et annoncer ensuite une ristourne en fonction du mode de paiement. Les frais, eux, diffèrent en fonction des partenariats entre les professionnels de réservation et les sociétés de cartes de paiement. «Nous avons noué un partenariat avec des émetteurs de cartes qui nous permettent de proposer des réductions sur nos frais de réservation lors d'un paiement avec une carte spécifique», précise ainsi Opodo.

Les compagnies aériennes, agences et autres comparateurs de vols se sont déjà fait épinglés pour ces frais cachés. En janvier 2015, un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) sommait les concernés d'indiquer le prix définitif que devra payer l'acheteur dès le début du processus de réservation. Un ordre loin d'être toujours respecté. «C'est un vrai problème, car cela créé une distorsion de la concurrence, estime David Coutelle, co-fondateur du comparateur de vols Algofly. Et le problème n'est pas nouveau, nous l'avons déjà expliqué sur notre blog». En tant que comparateur, le site noue des partenariats avec les voyagistes type Opodo, Govoyages ou ebookers, et redirigent les acheteurs vers ces sites.

«Les prix affichés sur Algofly sont toujours ceux qui correspondent à la carte bancaire la moins chère, explique David Coutelle. Nos partenaires nous fournissent les informations sur les prix ou encore les destinations, mais n'indiquent pas les frais supplémentaires, que ce soient ceux de gestion où ceux de paiement». Et difficile de s'attaquer à des partenaires qui représentent une grande part du marché français. Quant à l'amalgame possible des consommateurs sur qui impose quel frais, «il suffit d'expliquer que nous redirigeons seulement, et que nous n'appliquons pas les frais supplémentaires», ajoute le co-fondateur d'Algofly.

Autre subtilité dans ce jeu de cache-cache, le nom donné à ces frais de carte. «Les voyagistes jouent sur les mots en le présentant autrement, comme des frais d'agences ou frais de voyages, note Camille Bertrand. Mais le plus souvent, sur toutes les cartes, une seule offre le prix le plus bas». Pour éviter aux consommateurs de se retrouver lésés, «il faudrait une harmonisation européenne plus poussée, estime la juriste, car certains sites basés à l'étranger jouent aussi avec les règles de leurs propres pays qui peuvent différer de notre droit et ne sont pas toujours au fait du système français». Pour faire valoir leurs droits, les acheteurs peuvent également se tourner vers des associations de consommateurs, mais il n'est pas toujours garanti de pouvoir obtenir gain de cause à l'amiable. Autre astuce, «vérifier directement sur les sites des compagnies. Parfois le prix de départ parait plus élevé, mais se révèle plus avantageux à la fin, les frais d'agence ou de carte bancaire en moins».

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