Washington accuse Pyongyang d'avoir mené l'attaque contre Sony

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WASHINGTON ACCUSE LA CORÉE DU NORD D'AVOIR MENÉ L'ATTAQUE CONTRE SONY
WASHINGTON ACCUSE LA CORÉE DU NORD D'AVOIR MENÉ L'ATTAQUE CONTRE SONY

WASHINGTON (Reuters) - L'enquête sur la cyberattaque massive conduite il y a un mois contre le studio hollywoodien Sony Pictures, filiale du groupe Sony, conclut en la responsabilité de la Corée du Nord, a déclaré une source gouvernementale américaine.

La Chine pourrait être également impliquée, a ajouté ce responsable, soit parce que des Chinois auraient collaboré avec les hackers, soit parce que ces derniers auraient utilisé des serveurs chinois afin de masquer l'origine de leur attaque.

Ces conclusions devraient être annoncées dans la journée par la Maison blanche, qui a déjà dit envisager une "riposte proportionnée" qui pourrait aller, selon les experts, d'une cyberattaque à un soutien militaire accru à la Corée du Sud, en passant par des sanctions financières ou la réinscription de la Corée du Nord sur la liste des pays soutenant le terrorisme, dont elle a été retirée en 2008.

Barack Obama devrait aborder le sujet pendant sa conférence de presse de fin d'année prévue à 13h30 à Washington (18h30 GMT).

Une des difficultés pour les autorités américaines est de donner suffisamment d'informations au public sans dévoiler les moyens technologiques dont elles disposent pour remonter jusqu'à l'origine d'une cyberattaque.

L'attaque contre la filiale de Sony a été lancée le 24 novembre, un mois avant la sortie de "The Interview", un film dans lequel les acteurs Seth Rogen et James Franco incarnent des journalistes recrutés par la CIA afin d'assassiner le dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un.

Sony Pictures a renoncé cette semaine à sortir le film, craignant de nouvelles attaques informatiques.

"VOUS AVEZ PRIS UNE DÉCISION TRÈS SAGE"

Les hackers ont adressé vendredi à la société japonaise un nouveau message teinté d'ironie et de menace pour la féliciter de sa décision.

"Vous avez pris une décision très sage en annulant la sortie de 'The Interview'", dit le message, selon la chaîne CNN. "Nous garantissons la sécurité de vos données sauf si vous causez de nouveaux problèmes."

De nombreuses voix se sont élevées mercredi aux Etats-Unis pour dénoncer le choix de Sony, accusée d'avoir créé un dangereux précédent en cédant au chantage des pirates.

Dans un message sur Twitter, le présentateur vedette Jimmy Kimmel a ainsi qualifié la décision de Sony "d'acte de lâcheté anti-américain qui valide les actes terroristes et instaure un précédent effrayant".

L'acteur Ben Stiller a de son côté jugé qu'elle constituait une "menace pour la liberté d'expression".

Les pirates, qui ont réussi à s'introduire dans les systèmes et les serveurs de la société de Culver City, avaient mis en ligne de nombreux documents internes ainsi que des copies de plusieurs productions inédites.

Sony a précisé ne pas envisager une sortie du film, d'un budget de 44 millions de dollars, en DVD, en vidéo à la demande ou sur des plates-formes de streaming comme l'ont demandé des spectateurs dans des messages sur les réseaux sociaux.

Selon des échanges de courriels internes piratés, certains dirigeants de Sony ne regretteront pas le retrait d'une comédie vouée selon eux à un échec commercial en raison, notamment, de la piètre performance des acteurs principaux.

(Steve Holland; Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour le service français)

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