Vincent Lambert à la CEDH, une euthanasie selon ses parents

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LES PARENTS DE VINCENT LAMBERT DEVANT LA CEDH
LES PARENTS DE VINCENT LAMBERT DEVANT LA CEDH

STRASBOURG (Reuters) - Les parents de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif pour lequel le Conseil d'Etat a autorisé la fin des traitements qui le maintiennent en vie, ont dénoncé mercredi à Strasbourg la perspective d'une "euthanasie" déguisée devant la Cour européenne des droits de l'homme.

Le cas de cet homme de 38 ans, victime d'un accident de la route en septembre 2008, divise depuis deux ans sa famille, entre d'une part son épouse, cinq de ses frères et s½urs et un neveu qui soutiennent l'arrêt des traitements et ses parents, d'autre part une s½ur et un demi-frère, qui s'y opposent.

La requête qu'ils ont introduite devant la Cour européenne des droits de l'homme constitue leur dernier recours possible. L'arrêt, qui sera rendu d'ici plusieurs semaines par la grande chambre de la Cour sera définitif.

"Ce qu'on veut pratiquer sur (Vincent Lambert), c'est en réalité une euthanasie qui ne dit pas son nom", a dénoncé devant les juges Me Jean Paillot, avocat des parents, Pierre et Viviane Lambert.

Rappelant que l'euthanasie était interdite en France, il n'a pas contesté, sur le fond, la loi Léonetti de 2005 qui proscrit l'acharnement thérapeutique et encadre la procédure permettant, lorsqu'une évolution favorable n'est plus envisageable, d'abréger la vie d'un malade.

Il a en revanche critiqué "l'insécurité juridique" qui procèderait de la définition de "l'obstination déraisonnable" et des traitements que le corps médical peut se voir autorisé à interrompre.

Vincent Lambert est, selon lui, un "handicapé" et non pas un malade, auquel ne sont prodigués d'autres soins, dans sa chambre de l'hôpital de Reims, qu'une hydratation et une alimentation artificielles par voie entérale au moyen d'une sonde gastrique.

"Nous contestons que Vincent soit dans une situation d'obstination déraisonnable du seul fait qu'on doive lui mettre et lui enlever cette sonde gastrique. L'alimentation est selon nous un soin et son défaut, une maltraitance", a-t-il plaidé.

Cet arrêt de l'alimentation, autorisé par le Conseil d'Etat dans sa décision du 24 juin 2014, serait selon lui une atteinte au droit à la vie mais également constitutif de traitements inhumains et dégradants.

Son confrère, Me Jérôme Triomphe, a contesté le refus de Vincent Lambert, attesté par ses proches, d'être maintenu artificiellement en vie s'il se trouvait dans une telle situation, s'étonnant que l'ancien infirmier psychiatrique n'ait pas rédigé de directives anticipées.

Le représentant du gouvernement, François Alabrune, a de son côté estimé que les règles de la loi Léonetti avaient été scrupuleusement respectées dans cette affaire.

Il a rappelé la dégradation de l'état du patient, les lésions cérébrales irréversibles et l'absence de toute perspective d'évolution favorable, constatées par un collège de médecins.

Il a souligné que la loi du 22 avril 2005 avait été votée par l'Assemblée nationale en première lecture, à l'unanimité des députés.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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  • Raf07Ard le mercredi 7 jan 2015 à 19:45

    En voilà un qui n'a pas de chance, il est tombé sur des parents jardiniers, qui veulent élever un légume !

  • bsdm le mercredi 7 jan 2015 à 18:55

    L'euthanasie fait partie d'une idéologie mortifére qui part de l'ivg ,et de l'eugénisme pour les malformations et les handicaps et se déroule par la légalisation des drogues en continuant par les dépendances phsychiatriaques à des produits altérant la conscience ,jusqu'au final de l'euthanasie même pour des personnes qui ne sont pas en fin de vie .