Valls refuse de "jouer" avec une candidature présidentielle

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GRAND ORAL DE RENTRÉE POUR MANUEL VALLS
GRAND ORAL DE RENTRÉE POUR MANUEL VALLS

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a assuré jeudi qu'il refusait de "jouer" avec l'idée d'une candidature à la présidence de la République si François Hollande ne se présentait pas en 2017, assumant la politique économique "social-réformiste" du gouvernement.

Le Premier ministre, qui effectuait son grand oral de rentrée sur le plateau de France 2, où la quasi-totalité du gouvernement s'était rendue pour l'émission "Des paroles et des actes", a été interrogé sur la persistance des mauvais sondages du président, donné exclu du second tour de la présidentielle.

"Je n'ai jamais caché mon ambition", a-t-il dit. "Mais ma nature c'est de ne jamais miser sur l'échec de mon propre camp."

"Aujourd'hui la situation est suffisamment grave, on ne peut pas jouer", a-t-il ajouté. "Moi ce que je veux, c'est la réussite du quinquennat de François Hollande."

Manuel Valls s'est déclaré investi d'une "mission".

"Moi je veux incarner une gauche sans complexe, une gauche qui réforme", a-t-il expliqué en se revendiquant "social-réformiste". "Je veux incarner le mouvement, la réforme face à tous les conservatismes. Nous devons assumer pleinement ce que nous sommes en train de faire."

Pendant deux heures et demie couronnées par un débat courtois avec l'ancien Premier ministre François Fillon, candidat déclaré à la primaire des Républicains en vue de la présidentielle, il a labouré le même sillon.

Les mauvais chiffres du chômage publiés quelques heures plus tôt ([ID:nL5N11U46M]], qui montrent une reprise de la hausse du nombre de personnes inscrites à Pôle Emploi après deux mois de relative stabilisation ? "C'est pour ça que nous réformons, parce que la croissance n'est pas assez forte", a-t-il répondu, en estimant que les indicateurs - consommation, climat des affaires, exportations, confiance et consommation - étaient désormais orientés dans la bonne direction.

MACRON, UN "ATOUT" POUR LE GOUVERNEMENT

La politique économique du gouvernement, contestée par la gauche du PS comme étant trop libérale mais jugée trop timorée par le patronat pour faire redémarrer la machine ? "Quand on engage 40 milliards (de baisse des charges en faveur des entreprises), ce ne sont pas des mesurettes", a dit le Premier ministre. "Ça prend du temps."

Le gouvernement, a-t-il ajouté, a baissé les impôts pour des millions de Français, même si les plus aisés doivent payer plus en raison de la nécessaire "solidarité", et concrétisera le plan d'économies prévu de 50 milliards d'euros sur trois ans.

Interrogé sur Emmanuel Macron, qui défraye la chronique lorsqu'il évoque une évolution des 35 heures ou du statut des fonctionnaires, Manuel Valls a fait l'éloge de son jeune ministre de l'Economie, tout sourire dans l'assistance. "Les qualités d'Emmanuel Macron sont un atout pour le gouvernement", a-t-il dit. "C'est une chance."

Du reste, a ajouté le Premier ministre, la fonction publique d'Etat "peut évoluer mais en même temps elle est au coeur de notre pacte républicain" et "personne n'envisage un seul instant (...) de privatiser" la police, la justice ou l'enseignement.

"Le code du travail, il faut le revoir", a-t-il expliqué en estimant que 300.000 postes de travail ne sont pas pourvus "à cause de la rigidité du marché du travail".

Dans les mois à venir, la priorité est de "tout faire pour empêcher le Front national de gagner" des régions lors des élections de décembre prochain et, pour cela, a-t-il ajouté, l'unité de la gauche, actuellement dispersée, est vitale.

(Yves Clarisse; édité par Henri-Pierre André)

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