Valls promet d'agir dans les banlieues déçues par le pouvoir

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MANUEL VALLS PROMET D'AGIR DANS LES QUARTIERS DÉFAVORISÉS
MANUEL VALLS PROMET D'AGIR DANS LES QUARTIERS DÉFAVORISÉS

par Elizabeth Pineau

LES MUREAUX, Yvelines (Reuters) - Manuel Valls a tenté lundi aux Mureaux (Yvelines) de répondre à l'impatience des territoires défavorisés déçus par les politiques gouvernementales, promettant d'"agir" encore pour enrayer le "sentiment d'abandon" de ces quartiers.

A la veille du dixième anniversaire du début de la vague de violences qui avait embrasé les banlieues en 2005, le Premier ministre et dix-sept membres du gouvernement ont fait le point sur le plan lancé au printemps dernier lors d'un premier comité interministériel sur l'égalité et la mixité sociale.

"Dix ans après, nous sommes ici aux Mureaux, pas pour annoncer un nouveau plan Marshall ou pour injecter de nouveaux milliards pour acheter la paix sociale", a-t-il déclaré en référence au projet annoncé par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était au pouvoir et raboté faute de moyens budgétaires. "Nous sommes ici, ensemble, pour agir."

Il a dit comprendre l'impatience des citoyens dans l'attente des résultats de la Politique de la ville lancée il y a 30 ans, qui comprend notamment des programmes de rénovation urbaine et de lutte contre le chômage.

"Même si nous agissons depuis longtemps (...), même si nous avons mis des moyens mérités, nécessaires, indispensables, les résultats, tout le monde le sait, ne sont pas encore la hauteur des attentes", a dit le chef du gouvernement.

A l'occasion de ce déplacement, le gouvernement a publié une première liste noire de 36 communes dans lequelles l'Etat compte reprendre la main pour compenser le refus de la mairie de respecter le quota de 20% à 25% de logements sociaux imposé par la loi Solidarité et renouvellement urbain (SUR).

Y figurent notamment Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), berceau électoral du président des Républicains, Nicolas Sarkozy, et Fréjus (Var), ville dirigée par le Front national.

Manuel Valls a par ailleurs annoncé le lancement, à la fin de l'année, d'une campagne de "testing" permettant de détecter d'éventuelles discriminations à l'embauche. Les résultats de la procédure, qui concernera un échantillon d'entreprises de plus de 1.000 salariés, seront publiés mi-2016.

Programmé le jour du lancement de la campagne des élections régionales des 6 et 13 décembre, ce déplacement était l'occasion de s'adresser à des habitants de quartiers souvent déçus par la politique du gouvernement socialiste, qui y avait fait de bons scores lors des scrutins de 2012.

"JE NE SUIS PAS À LA RECONQUÊTE DES QUARTIERS"

Manuel Valls s'est toutefois défendu de toute arrière-pensée électorale.

"Moi, je ne suis pas à la reconquête des quartiers, je ne suis pas à la reconquête des habitants", a-t-il dit. "Et tout ceux qui ne voient les choses qu'à travers cet angle se trompent lourdement sur les défis que notre pays traverse."

Mettant en avant son passé de maire d'Evry, ville populaire de l'Essonne, le Premier ministre a de nouveau employé le terme "d'apartheid" pour qualifier la situation de certaines catégories de population.

"Laisser faire, c'est prendre le risque d'une explosion permanente de notre société", a-t-il prévenu.

La semaine dernière, François Hollande avait reçu un accueil chahuté à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, où il a été hué par des habitants dont beaucoup lui ont fait part de leur déception, notamment face au chômage.

Ce mécontentement rejoint celui d'une partie de la gauche. Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS, a qualifié de "raté national" le traitement des quartiers défavorisés.

"Nous avons tendance à nous occuper de l'économie, du social et des polémiques avec le Front national et on ne s'occupe pas des banlieues où vivent de très nombreux Français et ceci depuis très longtemps. a-t-il dit sur iTELE. "Il faut remettre au centre cette question."

Manuel Valls participera mardi à une émission du Bondy Blog, media citoyen spécialisé, à l'occasion du dixième anniversaire de la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois, qui avait déclenché les violences de 2005.

(Avec Yann Le Guernigou à Paris, édité par Yves Clarisse)

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  • sense78 le lundi 26 oct 2015 à 20:39

    "Valls promet d'agir dans les banlieues". Ouf, il doit enfin vouloir rétablir l'ordre, supprimer les zones de non-droit, interdire le prosélytisme radical, installer la vidéo-surveillance et récompenser les travailleurs. M'aurait-on menti ?

  • mary2776 le lundi 26 oct 2015 à 16:54

    çà va y aller les promesses jusqu en 2017 , je vous dit pas les dizaines de millions qui vont trouver pour distribuer encore

  • mary2776 le lundi 26 oct 2015 à 16:51

    la demagogie permanente

  • mary2776 le lundi 26 oct 2015 à 16:50

    et les classes moyennes qui se lèvent tot pour aller travailler et pour payer les impots , qu est ce que t en fait , occupe toi des bons avant de t occuper des mauvais espèce de gros ......y en a marre de ces hommes politiques qui n ont rien dans le ciboulot!

  • M9390997 le lundi 26 oct 2015 à 15:27

    C est trop tard, malek boutih sur BFM hier, il est en est très conscient, c est foutu, ce sera de pire en pire, hélas !

  • lorant21 le lundi 26 oct 2015 à 15:21

    La solution de tous nos maux (chômage, trafic de drogue,échec de Education Nationale, ..): des HLM à Neuilly et à Fréjus. Ouff.. on a des coupables!