Une université d'été pour remobiliser le PS avant 2017

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UNE UNIVERSITÉ D'ÉTÉ POUR REMOBILISER LE PS
UNE UNIVERSITÉ D'ÉTÉ POUR REMOBILISER LE PS

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Un Parti socialiste divisé et déprimé par un contexte économique morose sur fond de montée de l'extrême droite organise ce week-end à La Rochelle sa traditionnelle université d'été, les yeux déjà tournés vers l'élection présidentielle de 2017.

Signe de la fracture persistante entre le gouvernement et l'aile gauche du parti, les "frondeurs" se réunissent entre eux ces jeudi et vendredi à Marennes (Charente-Maritime).

Pendant ce temps, à Léognan (Gironde), le camp des "réformateurs", classé à la droite du PS, s'est retrouve autour du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron.

Ce dernier, "bête noire" des frondeurs qui voient en lui un ultra-libéral, s'est déclaré à son arrivée prêt au "débat" et à "l'explication."

Emmanuel Macron a dit ne pas avoir été invité à La Rochelle. Une version contredite par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui a déclaré sur LCI que "tous les ministres" avaient été conviés à l'université d'été, où sont notamment attendus Najat Vallaud-Belkacem (Education), Stéphane Le Foll (Agriculture) et Marisol Touraine (Santé).

Même si le congrès de juin dernier à Poitiers (Vienne) a permis de "purger" en partie le différend en donnant clairement la victoire à Jean-Christophe Cambadélis, confirmé à son poste de premier secrétaire face au candidat des protestataires, le débat fait partie de l'ADN du parti depuis des décennies.

"Depuis qu'il y a des universités d'été du PS, les courants du PS se réunissent. Il n'y a rien de nouveau. Ce n'est pas une marque de division", a dit le patron du PS mercredi sur iTELE. "Le Parti socialiste a une action sur le terrain, et une action au gouvernement."

"Agir en commun" est en effet le thème des de travaux où élus et militants plancheront sur des sujets comme le climat, la montée des extrémismes et les fractures territoriales.

LES FRONDEURS N'ABDIQUENT PAS

Les débats seront conclus dimanche par le Premier ministre Manuel Valls, chef de la majorité conforté par François Hollande jusqu'à la fin du quinquennat et dont la politique a été validée par le Parlement, malgré le passage en force sur la controversée "loi Macron" imaginée pour relancer de la croissance.

En début de semaine, le Premier ministre a donné le ton, opposant une fin de non-recevoir à ceux qui espèrent une inflexion de la politique économique du gouvernement.

"L'ampleur du soutien aux entreprises ne sera pas remise en cause" dans le Pacte de responsabilité, a écrit dans les Echos le Premier ministre, adressant par là-même un message au Medef, réuni depuis mercredi en université d'été.

A la gauche de la gauche, on reste toutefois persuadé que le gouvernement va dans le mur, sur fond de montée du chômage.

"Votez pour Hollande et vous avez la politique de la droite allemande", ont lancé dimanche dernier à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire) les ex-ministres français et grec Arnaud Montebourg et Yanis Varoufakis.

Le lendemain, dans Libération, le "frondeur" Christian Paul répétait l'urgence d'une "politique alternative", à l'orée de "la rentrée de la dernière chance" pour le gouvernement.

"Manuel Valls s'est enfermé dans un deal sans lendemain avec le Medef", estime-t-il. "Il faut appliquer à la gauche une cure de désintoxication libérale."

"LA SEULE SOLUTION, C'EST D'Y CROIRE"

Le débat est donc lancé pour La Rochelle, première étape de la "dernière ligne droite avant les échéances importantes que sont les élections régionales de décembre, avec 2017 en ligne de mire", résume Juliette Méadel, porte-parole du PS.

"L'idée c'est la mobilisation. Retrouver de l'énergie dans un contexte économique qui tarde à s'améliorer et un Front national qui monte. La seule solution c'est d'y croire, de se convaincre de la nécessité du combat", a-t-elle dit à Reuters.

Jean-Christophe Cambadélis a quant à lui prévu de démarrer en décembre le travail collectif sur le programme du futur candidat socialiste qui pourrait être de nouveau François Hollande face au prétendants des Républicains, qui fourbissent leurs armes et à Marine Le Pen.

La question des Verts est aussi sur la table, le PS espérant éviter une candidature écologiste pour préserver ses chances en 2017, alors qu'Europe Ecologie-les Verts a connu jeudi une nouvelle crise d'ampleur avec le départ de François de Rugy, le coprésident du groupe EELV à l'Assemblée.

Des élus EELV sont attendus à La Rochelle pour en débattre.

Selon plusieurs sondages parus récemment, ni François Hollande ni Manuel Valls ne seraient qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle si cette dernière avait lieu dimanche prochain, la présidente du Front national Marine Le Pen se qualifiant systématiquement pour le second tour avec Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé, possibles candidats des Républicains.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • coco123 le jeudi 27 aout 2015 à 14:29

    PS...porte sortie

  • M940878 le jeudi 27 aout 2015 à 14:25

    on va les remobiliser avec les régionales dans un premier temps hihihihi !!!!