Une pétition pour dire «non à la dinde à l'eau» de Leclerc

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Le spécialiste allemand de la dénonciation des fraudes alimentaires s'en prend à Michel-Edouard Leclerc sur la toile et épingle quatre autres produits de grandes marques qui induisent en erreur les consommateurs.

Pour sa première campagne en France, l'ONG allemande Foodwatch - qui vient d'ouvrir des bureaux à Paris - attaque fort. Le spécialiste de la dénonciation des fraudes alimentaires a épinglé cinq produits aux étiquettes mensongères et lancé une pétition contre Michel-Edouard Leclerc, patron de l'enseigne éponyme. L'ONG a examiné plusieurs produits commercialisés par cinq grandes entreprises dans l'Hexagone. L'organisation a écrit à chaque entreprise pour lui poser une série de questions sur l'élaboration, la composition et la provenance de ses produits. Bien souvent, les fabricants et distributeurs y ont répondu partiellement, voire pas du tout.

En l'absence de réponse satisfaisante, l'ONG a dénoncé des pratiques «inacceptables». Le plus alarmant, selon Foodwatch, c'est que «les ruses de l'industrie agroalimentaire sont parfaitement légales». «Les fabricants en profitent, confortés par des réglementations laxistes et le laisser-faire de la plupart des pouvoirs publics. Là est le véritable scandale», dénonce Ingrid Kragl, directrice de l'information de l'ONG. Pour Foodwatch, «le but n'est pas que le fabricant change de recettes mais qu'il joue la transparence, éventuellement qu'il modifie certains ingrédients». Et la grande distribution a également sa part de responsabilité en mettant des produits en rayons sans les contrôler, critique encore l'ONG qui a présenté l'ensemble de ses analyses lors d'une conférence presse ce mardi. Palmarès.

1- La «dinde à l'eau» de E.Leclerc

Alors que l'emballage mentionne «qualité supérieure» et «100% filet», les tranches de filet de dinde ne contiennent que «84% de viande, le reste c'est de l'eau, des additifs et du sel», observe l'organisation. «Ainsi le consommateur paye six tranches de dinde, en réalité l'équivalent d'une tranche sur 6 n'est que de l'eau», explique une vidéo mise en ligne sur le site de l'ONG. Scandalisée, l'ONG a décidé de lancer une pétition destinée aux consommateurs qui ne veulent pas être pris pour «des dindons de la farce». 394 l'ont déjà signé.

En face, Michel-Edouard Leclerc n'a pas tardé à réagir. Sur son blog, le patron des hyper et supermarchés éponymes a dénoncé un «coup de comm'» de l'organisation qui cherche à faire le «buzz». «Non, il n'y a pas de malveillance, il n'y a pas tromperie, il n'y a pas de mensonge», a-t-il écrit avant de justifier le choix de ses fameux filets de dinde. «On peut choisir un produit avec des taux de saumure différents (eaux avec une forte concentration de sel. NDLR), mais si le législateur a encadré et prévu qu'on mentionne ces taux (ce que la marque ciblée a fait), c'est bien pour qu'il y en ait pour tous les goûts», a-t-il souligné. Et de conclure non sans ironie: «Si l'on veut du jambon sans eau, ça s'appelle du jambon sec...et il s'en vend aussi chez E.Leclerc!».

2 - La soupe «Maggi boeuf-carottes»...sans boeuf!

Chez Nestlé, la «soupe Maggi boeuf-carottes aux vermicelles» comporte malgré son nom, 0% de boeuf et «1,1% de jus de cuisson» avec «5,5% de carottes», selon Foodwatch: interpellé, l'industriel a fait valoir que son produit respectait «le code de bonnes pratiques». Or ce code a été «élaboré par le Syndicat national des soupes et potages dont la mission est de défendre ses adhérents!», souligne Mme Kragl, qui conteste cette double casquette de juge et partie.

3 - La vinaigrette Puget qui n'a qu'1% de tomate séchée

Quant à la vinaigrette «huile d'olive extra, vinaigre balsamique, tomates séchées» de Puget, elle ne contient que 1% de tomates, et surtout de l'huile de colza et du vinaigre blanc, des ingrédients meilleurs marché. La marque d'huile d'olive préférée des Français a répondu dans une lettre qu'elle ne voulait pas «saturer» le goût du produit avec un arôme trop prononcé de tomate séchée.

4 - Les tortellini «au jambon cru et parmesan» pauvres en jambon

La farce des tortellinis est seulement composée de 24% de jambon et d'une «petite cuillère de parmesan». Le reste n'ést que fécule et flocons de pomme de terre et poitrine de porc. Lustucru a refusé de répondre.

5- Le yaourt bio aux «arômes pas bio du tout»

Enfin les yaourts Vrai, estampillés «bio aux fruits rouges», ne contiennent pas un gramme de fruit, mais «seulement des arômes pas bio du tout» à hauteur de 1,1%, remarque encore l'ONG. Interrogé sur l'absence de bio dans son produit, Triballat Noyal assure que l'arôme utilisé est «100% naturel» et «provient essentiellement directement du fruit rouge». D'où vient-il? Le fabricant botte en touche.

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  • MAM34090 le jeudi 15 mai 2014 à 13:35

    C'est vrai, la dernière fois que j'ai bu un bouillon Maggie, ils avaient oublié le steack, quel scandale !

  • bleroux le lundi 12 mai 2014 à 13:08

    Pour ceux qui dénoncent le fait que c'est une ONG allemande qui s'en prend à des produits français : Puget appartient Unilever, Maggi à Nestlé, Lustucru 'produits frais' appartient à Panzani qui appartient à une boîte espagnole...

  • DonCorly le jeudi 8 mai 2014 à 18:12

    Une volonté de discréditer l'industrie agro-alimentaire française pour vendre les produits allemands ? Si on veut de la bouffe de qualité, on achète sa viande chez son boucher et on cuisine soi-même. Il n'y rien de scnadaleux là-dedans, ce n'est pas du poison, juste de la mauvaise qualité, rien qu'on ne sachait déjà.

  • mickae82 le jeudi 8 mai 2014 à 10:10

    sans parler des fraises pour ries

  • heimdal le mercredi 7 mai 2014 à 21:25

    C'est pareil pour les bagnoles :toutes les consommations annoncées sont impossibles à obtenir .

  • v.sasoon le mercredi 7 mai 2014 à 19:59

    http://reseauinternational.net/odessa-un-simulacre-dincendie-pour-couvrir-lexecution-dun-des-plus-atroces-massacres-jamais-vus/

  • mark92 le mercredi 7 mai 2014 à 17:19

    Ils ont des moyens les ONG allemandes. Ils ouvrent des bureaux à Paris ? Sont financées par qui ???

  • lorant21 le mercredi 7 mai 2014 à 17:06

    @taurus55. Vous croyez que ces produits ne sont pas vendus chez votre petit épicier?

  • loco93 le mercredi 7 mai 2014 à 15:23

    Chez nous, nous avons toujours préféré dénoncer les produits de mauvaises qualités estampillés 'Made in china' en déversant toutes les fautes sur la chine (alors que le cahier des charges est bien écrit par les industriels venant bien de chez nous et comme on dit aussi commandeurs, payeurs!) plutôt que de s'intéresser aux m.erdes que nous servent nos industries agro-alimentaire... En gros nous préférons chopper un cancer avec l'alimentation plutôt qu'une allergie avec des produits low cost!!

  • TAURUS55 le mercredi 7 mai 2014 à 13:37

    Laissez les nez de boeufs qui le souhaitent se faire arnaquer par la grande distribution. Ca fait 40 ans que je suis au courant de leurs pratiques, et pourtant je ne suis pas un spécialiste de l'hygiène alimentaire. Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.