Une fatwa de l'Etat islamique autorise le prélèvement d'organes

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L'ÉTAT ISLAMIQUE AUTORISE LE PRÉLÈVEMENT D'ORGANES
L'ÉTAT ISLAMIQUE AUTORISE LE PRÉLÈVEMENT D'ORGANES

par Warren Strobel, Jonathan Landay et Phil Stewart

WASHINGTON (Reuters) - Des documents récupérés par les forces spéciales américaines lors d'un raid mené en Syrie montrent que le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a autorisé le prélèvement d'organes, suggérant que l'organisation d'Abou Bakr al Baghdadi alimente le trafic international.

Une fatwa datée du 31 janvier 2015 édictée par l'EI indique qu'il est admis de prélever des organes "sur le corps d'un apostat" pour sauver la vie d'un musulman.

Cet édit, selon la traduction qui en a été faite par les services fédéraux américains, indique même qu'il n'est pas interdit de retirer des tissus ou des organes sur un captif, même si l'opération conduit à sa mort.

L'agence Reuters, qui s'est procurée ce texte, n'est pas en mesure d'en confirmer l'authenticité. Mais des responsables de l'administration américaine ont indiqué qu'il se trouvait parmi des documents découverts par les forces spéciales lors d'un raid mené en mai dernier dans l'est de la Syrie.

"La vie et les organes de l'apostat n'ont pas à être respectés et peuvent être impunément retirés", peut-on lire dans ce texte émanant de la "commission des recherches et des fatwas de l'Etat islamique".

La fatwa n°68 ne stipule pas explicitement que le trafic d'organes est autorisé. Mais elle apporte des justifications présentées comme religieuses à une pratique dont le gouvernement irakien a accusé le groupe djihadiste.

Elle figure parmi une vaste base de données sur laquelle les forces spéciales américaines ont mis la main lors du raid conduit dans la province de Daïr az Zour qui a abouti à la mort du Tunisien Abou Sayyaf, considéré comme l'un des principaux financiers du groupe, et la capture de son épouse.

Selon le Pentagone, Abou Sayyaf codirigeait les opérations financières, pétrolières et gazières de l'EI.

SEPT TÉRAOCTETS DE DONNÉES

Interrogé par Reuters, Brett McGurk, envoyé spécial de Barack Obama auprès de la coalition mise en place par le président américain pour combattre l'Etat islamique, a précisé que les forces américaines avaient alors récupéré sept téraoctets de données stockées sur des disques durs, des clés USB, des CD, des DVD ou des documents imprimés.

Ce n'est pas la première fois que l'existence de ce trésor d'informations sur le fonctionnement interne de l'organisation islamiste est portée à la connaissance de l'opinion. En revanche, aucun de ces textes n'avait jusqu'à présent été rendu public hormis des documents liés au trafic d'antiquités.

Une autre fatwa découverte à cette occasion, la n°64 datée du 29 janvier 2015, encadre le viol et précise quand les hommes de l'EI peuvent ou ne peuvent avoir des relations sexuelles avec des femmes réduites à l'état d'esclaves.

D'après Brett McGurk, la "commission des recherches et des fatwas de l'Etat islamique" est placée sous l'autorité directe d'Abou Bakr al Baghdadi, qui s'est autoproclamé "calife" au début de l'été 2014.

(Henri-Pierre André pour le service français)

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