Une association chargée de prévenir la radicalisation en prison

le
2
L'ASSOCIATION FRANÇAISE DES VICTIMES DU TERRORISME MANDATÉE POUR PRÉVENIR LA RADICALISATION EN PRISON
L'ASSOCIATION FRANÇAISE DES VICTIMES DU TERRORISME MANDATÉE POUR PRÉVENIR LA RADICALISATION EN PRISON

PARIS (Reuters) - L'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) a été mandatée vendredi pour une mission d'un an censée améliorer la détection de la radicalisation en prison et élaborer un programme d'accompagnement des détenus radicalisés, annonce dans un communiqué la direction de l'administration pénitentiaire.

Le ministère de la Justice avait indiqué lundi qu'un nouveau programme visant à entraver le discours radical derrière les barreaux serait expérimenté dans deux établissements de la région parisienne à l'issue d'un appel d'offres lancé en novembre dernier.

Il le sera "dans les prochaines semaines", précise l'administration pénitentiaire.

"Les radicaux dangereux se dissimulent", souligne Guillaume Denoix de Saint Marc, porte-parole et directeur général de l'AFVT. Ils "ont appris comment ils pouvaient être détectés et ont changé leurs habitudes."

Malgré un bureau du renseignement pénitentiaire composé de trente personnes, dont 13 au sein de l'administration centrale, les autorités peinent à lutter contre la radicalisation en prison, reconnaît le ministère.

Amedy Coulibaly, qui a tué cinq personnes la semaine dernière, était un détenu "exemplaire" avant sa libération en mai 2014, preuve de la difficulté de la tâche.

D'où la nécessité de "constamment remettre à jour" les méthodes de détection utilisées en milieu carcéral, selon le porte-parole de l'AFVT.

"Il faut être le plus fin possible pour éviter des erreurs ou des amalgames, et en même temps ne pas passer à côté de quelqu'un qui s'est vraiment radicalisé", dit-il.

RÉINTÉGRER DES PERSONNES EN FIN DE PEINE

Une fois les outils de détection adaptés à la menace, l'association devra mettre en place un programme d'accompagnement des détenus radicalisés.

Celui-ci visera sans doute en priorité les personnes en fin de peine, explique Guillaume Denoix de Saint Marc, et s'appuiera notamment sur des discussions "sérieuses, profondes" avec les détenus, en groupe ou individuellement, "dans le but d'arriver à déconstruire le mythe sur lequel s'est bâtie leur radicalité."

Des théologiens, des victimes du terrorisme et d'anciens radicaux pourront participer à ces discussions.

"Nous avons une volonté énorme que ça marche", dit le porte-parole de l'AFVT. "Le but, c'est de pouvoir réintégrer dans la société des personnes en fin de peine, sans qu'elles soient des grenades dégoupillées."

Ce programme doit s'ajouter au regroupement des détenus islamistes dans des quartiers spécifiques, comme le teste depuis la mi-octobre la prison de Fresnes (Val-de-Marne), où 23 radicaux ont été mis à l'écart et répartis dans huit cellules de deux et sept cellules individuelles.

Au vu de résultats "positifs" selon le ministère de la Justice, le gouvernement a décidé d'étendre cette mesure à quatre autres quartiers pénitentiaires avant fin 2015.

Quelque 152 islamistes radicaux sont écroués en France, qu'ils soient condamnés ou en détention provisoire. Parmi eux, une soixantaine "pose problème", en raison de leur comportement agressif, de la radicalisation de leurs propos, ou de leur prosélytisme, dit-on à la chancellerie.

Mais seuls 16% avaient déjà été incarcérés par le passé.

"Il ne faut pas se laisser aller au confort intellectuel qui consiste à penser que c'est en prison" que se trouvent tous les djihadistes potentiels, a insisté vendredi la ministre de la Justice Christiane Taubira lors d'un discours à l'Ecole nationale de la magistrature de Paris.

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • jayce003 le vendredi 16 jan 2015 à 20:06

    @LeRaleur. Exactement.

  • LeRaleur le vendredi 16 jan 2015 à 19:42

    Et une de plus financée par les impôts des français.