Un satellite européen en orbite pour observer la Terre

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KOUROU, Guyane (Reuters) - Une fusée Vega a décollé lundi soir de Kourou en Guyane pour mettre en orbite un deuxième satellite de l'ambitieux programme d'observation terrestre européen Copernicus.

Le lanceur européen s'est élancé à 22h51 (01h52 GMT) du Centre spatial guyanais avec le satellite Sentinel-2A, dont il s'est séparé au bout de 54 minutes.

De son orbite, située à 786 km au-dessus de la Terre, le satellite de 1,13 tonne prendra des images couleur et infrarouge de la planète en haute résolution pour des missions de surveillance de l'environnement, comme la prévision des récoltes ou la gestion des catastrophes naturelles.

Le premier satellite de ce programme, Sentinel-1A, a été lancé en avril 2014. Il est pourvu de radars capables de surveiller la banquise, les marées noires ou l'utilisation des terres, même lorsque le ciel est nuageux.

Au total, Copernicus, deuxième programme spatial européen après Galileo, comptera sept satellites.

"Un système qui n’a pas d’équivalent sur la planète", a déclaré le directeur du programme pour la Commission européenne, Philippe Brunet.

Copernicus apportera à l'Europe "une aide à la décision, une aide à la gestion de crise, une aide pour les citoyens, plus de croissance, plus d’emploi, surtout un pari sur le futur", a-t-il dit.

Sentinel-2A opérera en tandem avec un autre satellite dont la mise sur orbite est prévue à la fin 2016.

Les deux engins possèdent un équipement sophistiqué capable de balayer un large spectre de couleurs, plus large que les satellites d'observation terrestres déjà existants, comme le français Spot ou l'américain Landsat.

"Nous n'avons pas seulement toutes les couleurs visibles, mais aussi les infrarouges, ce qui est très utile pour surveiller la végétation", déclare Volker Liebig, directeur du programme d'observation terrestre de l'agence spatiale européenne (ESA).

Sentinel-2A est conçu pour balayer un couloir de 290 km de large et revenir au même point de la planète tous les dix jours. Une fois son jumeau lancé, Sentinel-2B, la même zone terrestre sera photographiée tous les cinq jours.

Ces images pourront servir à de multiples fins, comme la localisation de sites pour les camps de réfugiés lors des crises humanitaires, la surveillance de la déforestation ou l'évaluation des besoins en eau ou en engrais pour les récoltes.

"Quand vous disposez des informations deux mois à l'avance, vous pouvez organiser le transport. Quand vous n'avez que deux semaines, c'est plus difficile", explique Volker Liebig.

Sentinel-2A a été construit par un consortium d'une soixantaine d'entreprises conduites par Airbus Defence and Space pour le compte de la Commission européenne dans le cadre d’un contrat avec l'ESA.

La CE et l'ESA se sont engagées à financer Copernicus pour un total de 8,4 milliards d'euros d'ici à 2020.

La mission de jeudi était la cinquième du lanceur Vega depuis son vol inaugural en 2012.

(Franck Leconte et Irene Klotz, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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