Un proche de l'un des assaillants de l'église mis en examen

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MISE EN EXAMEN D'UN COUSIN D'UN DES MEURTRIERS DU PRÊTRE NORMAND
MISE EN EXAMEN D'UN COUSIN D'UN DES MEURTRIERS DU PRÊTRE NORMAND

PARIS (Reuters) - Un cousin d'Abdel-Malik Nabil Petitjean, l'un des deux auteurs de l'attaque meurtrière contre l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), a été mis en examen dimanche et placé en détention provisoire, annonce le parquet de Paris.

Farid K., 30 ans, originaire de Nancy (Meurthe-et-Moselle), "avait parfaitement connaissance, si ce n'est du lieu et du jour précis, de l'imminence d'un projet d’action violente de son cousin", selon le parquet.

Il est mis en examen pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteinte aux personnes", conformément aux réquisitions du parquet.

Le casier judiciaire du cousin d'Abdel-Malik Nabil Petitjean porte la trace d'une seule condamnation : une amende de 800 euros en 2009 pour une infraction routière, selon le parquet.

Il était le dernier des membres de l'entourage de l'assaillant gardé à vue avec un demandeur d'asile syrien, interpellé jeudi dans l'Allier.

La garde à vue du réfugié syrien a été levée dans la nuit de samedi à dimanche, a-t-on appris de source judiciaire. La photocopie d'un passeport portant son nom avait été retrouvée au domicile normand d'Adel Kermiche, le deuxième auteur de l'attaque survenue mardi et revendiquée par l'Etat islamique.

Dans une procédure distincte, un homme a été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste" pour avoir tenté de gagner la Syrie en juin dernier avec Abdel-Malik Nabil Petitjean, ajoute le parquet dans un communiqué.

Jean-Philippe Steven J., né le 28 juin 1996 à Montreuil (Seine-Saint-Denis), en garde à vue depuis mercredi, a été placé en détention provisoire dans l'attente d'un débat différé devant le juge des libertés et de la détention qu'il a sollicité.

Abdel-Malik Nabil Petitjean et Adel Kermiche ont été abattus mardi par la police en sortant de l'église où ils ont tué un prêtre lors de la messe et grièvement blessé un paroissien.

Les enquêteurs cherchent à déterminer comment les deux hommes, qui habitaient à près de 700 kilomètres l'un de l'autre, se sont connus.

UN CONTACT LE 22 JUILLET?

Abdel-Malik Nabil Petitjean, né le 14 novembre 1996 à Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), était fiché "S" (pour "sûreté de l'Etat") pour radicalisation depuis le 29 juin.

Adel Kermiche, dont le casier judiciaire était vierge, était connu de la justice antiterroriste française pour avoir tenté par deux fois de gagner la Syrie en 2015.

Après dix mois en détention provisoire, il avait été placé en mars dernier sous contrôle judiciaire, avec assignation à résidence sous surveillance électronique, contre l'avis du parquet. Il avait interdiction de quitter la Seine-Maritime.

Les portables des deux assaillants ont "borné" aux mêmes endroits (leur signal était capté par la même antenne-relais) plusieurs jours avant les faits, a-t-on appris vendredi de source proche de l'enquête.

Selon Le Parisien Dimanche, Adel Kermiche et Abdel-Malik Nabil Petitjean, qui ne se connaissaient pas, seraient entrés en contact pour la première fois le 22 juillet, soit quatre jours avant l'attaque de l'église, via la messagerie mobile cryptée Telegram.

Selon des échanges révélés par L'Express et confirmés vendredi de source proche de l'enquête, Adel Kermiche déclarait le 19 juillet dans un message audio à un destinataire non identifié : "Tu prends un couteau, tu vas dans une église, tu fais un carnage, bim. Tu tranches deux ou trois têtes et c'est bon, c'est fini."

La veille de l'attaque, il écrit sur Telegram préparer de "gros trucs". "Je vous préviendrai à l'avance, trois quatre minutes avant et quand le truc arrivera, il faudra le partager direct."

L'Amaq, l'agence de communication de l'EI, a mis en ligne mercredi dernier une vidéo de deux hommes présentés comme les assaillants de Saint-Etienne-du-Rouvray et s'identifiant comme étant Abou Omar et Abou Djalil el-Hanafy. On les voit assis sur les marches d'un escalier prêter allégeance à Abou Bakr al Baghdadi, le chef de l'EI.

(Sophie Louet)

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