Un plan d'urgence pour les éleveurs présenté mercredi

le , mis à jour à 11:42
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CAMPAGNE DE PROTESTATION DES ÉLEVEURS
CAMPAGNE DE PROTESTATION DES ÉLEVEURS

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français annoncera mercredi un plan d'urgence en faveur des éleveurs et des producteurs de lait, qui ont lancé une campagne nationale de protestation face à l'érosion des prix de leurs productions.

Le mouvement des éleveurs, qui réclament le respect les accords de revalorisation du 17 juin pour les filières porcine et bovine, s'étend dans l'Ouest et gagne le Sud-Ouest.

Après Caen (Calvados), c'est désormais Evreux (Eure) dont les accès ont été bloqués mardi matin par des agriculteurs en colère qui ont mis en place des barrages bloquants ou filtrants avec des engins agricoles, dont plusieurs centaines de tracteurs. Ils ont également déversé du fumier, de la paille et des gravats devant des supermarchés de la ville.

Les principaux accès au Mont Saint-Michel (Manche), l'un des sites touristiques les plus visités de France, restent par ailleurs bloqués. En Bretagne, des actions étaient signalées à Saint-Malo, Brest, Quimper.

En Dordogne, une dizaine de producteurs laitiers bloquaient depuis mardi matin avec des tracteurs l'accès à la réplique de la grotte de Lascaux, empêchant les touristes de passer, a-t-on appris auprès de l'exploitant des lieux, la Semitour-Périgord.

HOLLANDE PREND LA MAIN

La crise s'amplifiant, François Hollande a annoncé un plan d'urgence dont les mesures conjoncturelles et structurelles seront dévoilées mercredi lors du conseil des ministres. Il a assuré les éleveurs que le gouvernement était à leurs côtés.

"J'ai demandé qu'au-delà de la question de la distribution, des prix, il puisse y avoir un plan d'urgence pour les éleveurs français et pour les producteurs de lait", a dit le chef de l'Etat à des journalistes en marge d'un discours à Paris.

"Je demande à tous les agriculteurs de comprendre que nous sommes tous mobilisés, nous sommes conscients de leurs difficultés", a-t-il souligné.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, contesté par le monde agricole et critiqué par l'opposition de droite pour son "inertie" supposée, doit recevoir jeudi à Paris les représentants des filières concernées.

Il a confirmé mardi sur France 2 qu'une des pistes envisagées était le renforcement des aides financières décidées en février.

Le gouvernement a déjà mis en oeuvre des allègements ou des reports de charges et de cotisations à hauteur de 23 millions d'euros. Ces aides seront "réévaluées en fonction de la situation de difficulté que connaissent concrètement des exploitations agricoles".

UN ACCORD PARTIELLEMENT HONORÉ

L'exécutif veut notamment s'appuyer sur le rapport du médiateur des relations commerciales agricoles consécutif à l'accord du 17 juin pour s'assurer que tous les acteurs jouent bien le jeu. Ce dernier devait remettre ses travaux mercredi à Stéphane Le Foll, il les lui communiquera dès mardi.

La grande distribution et les intermédiaires (abatteurs, transformateurs) se sont engagés le 17 juin à revaloriser les prix de la viande de porc et de boeuf payés aux éleveurs afin de leur permettre de couvrir leurs coûts de production.

La grande distribution, qui assure avoir consenti des augmentations "importantes" des prix d'achat, s'interroge sur la destination de cet argent qui "ne va pas aujourd'hui dans la poche des producteurs".

Selon Stéphane Le Foll, les engagements sont en passe d'être honorés sur la viande porcine, avec un prix à 1,38 euro le kilo, proche de l'objectif de 1,40 euro.

En revanche, "sur la viande bovine, on a un processus qui a été engagé mais qui est loin d'avoir atteint l'objectif que nous nous étions fixé", a-t-il précisé sur France 2.

"Je ne vais pas commencer à désigner les uns et les autres. (...) On n'en sortira pas si on n'est pas capables de se mettre ensemble autour d'une table", a souligné le ministre.

Insistant sur la nécessité de solutions "nationales", Stéphane Le Foll exclut pour l'heure de se rendre à Caen, comme l'exigent les éleveurs normands. "Je suis prêt et j'irai, je suis déjà allé en Normandie", a-t-il éludé.

(Sophie Louet avec Emmanuel Jarry et Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves Clarisse)

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  • M940878 le mardi 21 juil 2015 à 12:10

    ils vont proposer plusieurs milliards qu'ils va falloir emprunter alors qu'il faut complètement restructurer la filière 30000 éleveurs en Allemagne contre 550000 en France , en Allemagne les éleveurs gagnent deux fois plus qu'en France mais les charges sont moins élevées et les exploitations beaucoup plus importantes

  • DS76 le mardi 21 juil 2015 à 12:03

    Je propose Pépère 1er au poste de ministre de l'agriculture..... Valls président et La Foll 1er ministre. Résultat: aucune différence!!!

  • Ross007 le mardi 21 juil 2015 à 11:56

    L'urgence aurait pu être évitée si les responsables politiques l'étaient vraiment, responsables.

  • dotcom1 le mardi 21 juil 2015 à 11:55

    Il faut soit baisser les charges salariales, soit regrouper les exploitations pour réduire les coûts.