Un bailleur social condamné pour «fichage ethnique»

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La société HLM avait refusé d'accorder un logement à une personne d'origine ivoirienne au motif qu'il y avait déjà assez de Noirs dans l'immeuble.

Un des plus gros bailleurs sociaux d'Ile-de-France, Logirep, a été condamné vendredi à 20.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Nanterre pour avoir procédé à un «fichage ethnique» de ses locataires. La société HLM a en revanche été partiellement relaxée des faits de discrimination raciale pour lesquels elle était poursuivie après avoir refusé de délivrer en 2005 un appartement à Nanterre à un homme d'origine ivoirienne au motif qu'il était noir. Le tribunal a considéré que la Logirep n'était pas responsable du refus d'attribution du logement.

Le tribunal a en outre condamné le bailleur social à verser 10.000 euros de dommages et intérêts aux deux associations parties civiles dans cette affaire, SOS Racisme et La Maison des Potes. Une amende de 50.000 euros avait été requise à l'audience, le 7 mars dernier, par le parquet. La société HLM, qui gère quelque 36.000 logements, avait été visée par une enquête après le dépôt de plainte pour «discrimination raciale» d'un homme d'origine ivoirienne qui s'était vu refuser, en juillet 2005, un trois-pièces dans une tour de Nanterre.

Le demandeur, agent de la RATP, avait visité l'appartement avant d'apprendre que son dossier était rejeté par la commission d'attribution des logements qui, pour motiver son refus, avait coché la case «mixité sociale». Afin d'en savoir plus, le jeune homme avait appelé la Logirep et enregistré sa conversation avec une employée qui lui avait expliqué qu'il était «d'origine africaine et qu'il y avait déjà assez de Noirs dans cette tour». Interrogé sur la découverte d'un fichier informatique comportant des informations sur les origines raciales des locataires comme «Alg» pour Algérie ou «Gy» pour Guyane, ce qu'interdit la loi, le représentant avait expliqué à l'audience qu'il s'agissait d'un champ destiné à l'informaticien qui ne servait pas aux gestionnaires du parc locatif.

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  • SaasFee le samedi 3 mai 2014 à 02:46

    Si je comprends bien, lorsque les associations (type SOS racisme...) se plaignent d'un manque de mixité sociale et d'une gethoïsation de certains quartiers, les autorités ont l'obligation de faire la sourde oreille et ne pas attacher d'importance à ce facteur (car il est illégal de lutter contre). Vive le statu quo...

  • bistubu le vendredi 2 mai 2014 à 18:51

    Pauvre France!