Un attentat "certain" contre la campagne évité

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UN ATTENTAT "CERTAIN" CONTRE LA CAMPAGNE ÉVITÉ
UN ATTENTAT "CERTAIN" CONTRE LA CAMPAGNE ÉVITÉ

PARIS (Reuters) - Deux hommes soupçonnés de préparer des attentats "imminents" contre la campagne présidentielle en France et recherchés depuis une semaine au moins ont été arrêtés mardi matin à Marseille, a déclaré le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl.

Selon des sources proches de l'enquête, le candidat de la droite, François Fillon, était une de leurs cibles potentielles et la sécurité de l'ancien Premier ministre a été renforcée.

"Ces deux hommes radicalisés (...) avaient l'intention de commettre à très court terme, c'est-à-dire dans les tout prochains jours, un attentat sur le sol français", à la veille de la présidentielle, a déclaré à la presse Matthias Fekl.

Il a salué "le travail remarquable, acharné, sans relâche (...) de plusieurs dizaines d'enquêteurs qui (...) ont permis de prévenir un acte terroriste certain".

Le premier tour de l'élection a lieu dimanche prochain.

Le ministre a précisé que des policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) les avaient arrêtés entre 10h00 et 11h00 dans le IIIe arrondissement de Marseille.

Il a indiqué que des perquisitions étaient encore en cours dans la résidence où ils avaient loué un appartement, près de la Gare Saint-Charles, et avaient apporté des éléments "permettant de matérialiser (leur) projet d'attentat terroriste".

Selon des sources proches de l'enquête et la maire des IIe et IIIe arrondissements de Marseille, Lisette Narducci, des produits explosifs ont été retrouvées. Des sources proches de l'enquête font également état d'au moins deux armes à feu.

Un étudiant, locataire de la résidence, a dit à Reuters que les policiers étaient intervenus au septième étage et avaient effectivement sorti des armes à feu de l'appartement.

DÉLINQUANTS RADICALISÉS

Ces arrestations ont été effectuées dans le cadre d'une enquête diligentée par la section anti-terroriste du Parquet de Paris, a ajouté le ministre de l'Intérieur.

Les services de la police nationale avaient diffusé le 8 avril une fiche de recherche à l'encontre du plus âgé des deux hommes, Mahiedine Merabet, né le 10 juillet 1987 à Croix, dans le Nord. Le 13 avril, une deuxième fiche avait été diffusée pour Clément Baur, né à Ermont (Val d'Oise), converti à l'islam.

Selon une source policière, ces deux fiches avaient en fait été émises par la DGSI dès le 4 et le 8 avril.

Ces documents, que Reuters a pu consulter, qualifient les deux hommes de dangereux. "Ce sont des délinquants de droit communs radicalisés qui ont fait des séjours en prison", précise-t-on de source proche de l'enquête.

Selon une source judiciaire, une enquête en flagrance pour association de malfaiteurs terroristes criminelle et infraction à la législation sur les armes en relation avec une entreprise terroriste avait été ouverte la semaine dernière.

L'entourage de François Fillon, qui a tenu un meeting à Marseille le 11 avril, a confirmé qu'il avait bien été informé "de risques avérés" le concernant.

La candidate du Front national, Marine Le Pen tient à son tour une réunion publique à Marseille mercredi.

Matthias Fekl a rappelé que 50.000 policiers, gendarmes et militaires seraient déployés en France lors de chacun des deux tours de l'élection présidentielle.

(Emmanuel Jarry, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille, Simon Carraud et service France, édité par Yves Clarisse)

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