Un 1er-Mai contre la loi El Khomri

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UN DÉFILÉ DU 1ER-MAI CONTRE LA LOI EL KHOMRI
UN DÉFILÉ DU 1ER-MAI CONTRE LA LOI EL KHOMRI

PARIS (Reuters) - Le débat sur la réforme du Code du travail doit désormais se tenir à l'Assemblée nationale où elle sera "enrichie", a déclaré la ministre du Travail dimanche, jour de mobilisation contre le projet de loi à l'occasion du rendez-vous social du 1er-Mai.

Deux jours avant le début de l'examen du texte à l'Assemblée, ses opposants continuent d'exiger son retrait, au premier rang desquels la CGT et Force ouvrière qui, fait exceptionnel, devaient défiler côte à côte à Paris, avec la FSU, Solidaires, les organisations étudiantes (Unef) et lycéennes (UNL, FIDL).

"Le retrait, ce serait une retraite", a souligné Myriam El Khomri au "Grand Rendez-vous" Europe 1-Le Monde-iTELE.

"L'heure du Parlement est venue. (...) J'aborde le débat parlementaire avec de l'impatience" car ce débat est là "pour enrichir le texte", a dit la ministre du Travail en évoquant les 5.000 amendements programmés. "Je ne considère pas le Parlement comme une chambre d'enregistrement".

Elle a assuré que le texte serait voté car, a-t-elle précisé, "il y a de plus en plus de députés, notamment socialistes, qui revendiquent ce projet de loi."

La ministre s'est engagée à une application de la loi "dans les six mois" après sa promulgation.

Myriam El Khomri a dénoncé la "caricature" du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, qui estime que ce projet de loi permettra à "chaque entreprise d'avoir son propre Code du travail". Elle a rappelé que la CGT signait "70%" des accords d'entreprise en France.

"Ce serait curieux que mardi le gouvernement et le président de la République qui vont célébrer les 80 ans du Front populaire remettent en cause le même jour l'un des acquis fondamentaux de 1936", a dit le dirigeant de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, sur iTELE.

Depuis la Nouvelle-Calédonie, où il était en déplacement officiel, Manuel Valls a appelé à ne pas "dévoyer" le droit de manifester après deux mois de contestation et de manifestations émaillées de violences, notamment jeudi dernier à Paris et dans plusieurs villes de province (Nantes, Rennes, Lyon).

"Les attaques, les violences que les forces de l'ordre ont subies, les mises en causes du travail des forces de l'ordre ne sont pas admissibles", a dit le Premier ministre.

"ÇA CONTINUERA JUSQU'AU RETRAIT"

"Nous répondrons avec la plus grande détermination face aux casseurs que je ne confonds évidemment pas avec les manifestants. Chacun doit prendre ses responsabilités quand on organise une manifestation", a-t-il ajouté.

Jean-Claude Mailly a estimé que les services d'ordre des organisations syndicales étaient l'objet "d'un mauvais procès".

Plusieurs milliers de policiers étaient déployés à Paris pour assurer le calme sur l'itinéraire du cortège, entre la place de la Bastille et Nation.

En province, les défilés matinaux se sont déroulés dans le calme. A Rennes, entre 200 et 300 manifestants ont fait irruption dans un cinéma du centre-ville, contraignant la direction à évacuer les salles.

"Ça continuera jusqu'au retrait de la loi Travail", a affirmé Olivier Mateu, l'un des responsables de la CGT des Bouches-du-Rhône en marge du défilé à Marseille, où les organisateurs ont comptabilisé 10.000 manifestants et la police 2.100. Les forces de l'ordre ont procédé à sept interpellations.

A Strasbourg, la manifestation a réuni environ 2.500 personnes, dont 1.500 défilant derrière les bannières syndicales, selon un correspondant sur place. Comme de tradition, un millier de Turcs et de Kurdes, opposants au régime de l'AKP, participaient à la manifestation.

A Lyon, 2.000 manifestants selon la police, 5.000 selon les organisateurs, ont défilé sous haute surveillance policière.

Les syndicats "réformistes" CFDT, CFTC, Unsa et la FAGE avaient organisé pour leur part des tables rondes sur les thèmes des migrants et de la loi Travail.

"Nous allons continuer à nous battre pour améliorer cette loi Travail dans le débat parlementaire", a dit Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, sur BFM TV.

"Je regrette qu'on ne soit pas capables d'être unis syndicalement pour être pour quelque chose", a-t-il ajouté.

La CGT et la CFDT ne défilent plus ensemble le 1er-Mai depuis 2013 et l'approbation de l'accord sur la sécurisation de l'emploi par la centrale de Laurent Berger.

Le collectif "Nuit Debout" a prévu de défiler au côté des syndicats dimanche après-midi à Paris et de prolonger son cortège jusqu'à la place de la République dans la soirée.

(Sophie Louet avec Catherine Lagrange, Gilbert Reilhac et Jean-François Rosnoblet)

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