Tusk présente un projet de réformes pour prévenir un "Brexit"

le
0
DONALD TUSK PRÉSENTE UN PROJET POUR EVITER UNE SORTIE DU ROYAUME-UNI DE L'UE
DONALD TUSK PRÉSENTE UN PROJET POUR EVITER UNE SORTIE DU ROYAUME-UNI DE L'UE

par Elizabeth Piper et Jan Strupczewski

LONDRES/BRUXELLES (Reuters) - Le président du Conseil européen Donald Tusk a présenté mardi des propositions de réforme destinées à maintenir le Royaume-Uni au sein de l'Union européenne mais la réaction très mitigée des eurosceptiques voire des proches de David Cameron montre que rien n'est gagné pour le Premier ministre britannique.

Les propositions présentées par Donald Tusk après plusieurs jours de tractations avec David Cameron couvrent les quatre domaines (législation, zone euro, compétitivité, immigration) sur lesquels le dirigeant britannique a réclamé des réformes avant de présenter d'ici quelques mois, peut-être dès juin, un référendum pour ou contre l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE.

S'il obtient gain de cause, David Cameron promet de faire campagne en faveur du "oui".

"Nous n'avons potentiellement que quelques mois à attendre avant d'organiser ce référendum si nous obtenons cet accord", a déclaré le Premier ministre britannique.

L'ensemble de propositions de Donald Tusk, qui doit encore être approuvé par les autres Etats membres de l'UE lors du Conseil européen des 18 et 19 février, a été accueilli par les railleries des eurosceptiques et par des doutes dans l'entourage même du dirigeant conservateur.

Il prévoit que Londres pourra suspendre pendant quatre ans le versement de prestations sociales aux ressortissants de l'Union arrivés depuis peu sur son sol et qui travaillent dans le pays.

Le Royaume-Uni disposerait également au côté d'autres pays d'un nouveau mécanisme lui permettant de bloquer des projets de loi européen et ne serait pas tenu de renforcer son intégration au sein de l'Union européenne.

"Le projet de document de renégociation de l'UE montre de réels progrès dans l'ensemble des quatre domaines où le Royaume-Uni a besoin de changements mais il reste encore du travail", a concédé David Cameron sur son compte Twitter.

FREIN D'URGENCE

Un responsable gouvernemental a souligné que "pour beaucoup d'autres pays membres de l'UE, nous sommes plutôt au début des négociations qu'à la fin". "Rien n'est convenu tant que les 28 pays membres ne sont pas tous d'accord", a-t-il rappelé.

Le maire de Londres Boris Johnson, pourtant allié de David Cameron, a dit douter que ces propositions suffisent à écarter le risque d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE ("Brexit").

"Je suis sûr que le Premier ministre a négocié très durement (...) mais de mon point de vue, cela ne suffira pas et il faut aller plus loin", a-t-il déclaré sur Sky News.

De nombreux points restent à trancher, à commencer par la période pendant laquelle le gouvernement britannique pourra user de son "frein d'urgence", c'est-à-dire suspendre les prestations sociales des immigrés provenant de l'UE, ou les moyens de protéger davantage les intérêts de la City.

Les discussions devraient se poursuivre jusqu'au sommet de la mi-février, même si certains eurosceptiques estiment que le gouvernement et l'UE exagèrent les difficultés de ces négociations pour pouvoir présenter la conclusion d'un accord comme un succès.

"Ce que le gouvernement demande à l'UE est insignifiant. Ces propositions ne nous permettront pas de reprendre les commandes aux dépens de l'UE", a estimé Matthew Elliott, qui dirige Vote Leave, un des groupes militant pour le Brexit.

"Ces gadgets ont été ignorés auparavant par l'UE et seront à nouveau ignorés car ils ne figureront dans aucun traité."

Une porte-parole de David Cameron a assuré que le projet de réforme, s'il est approuvé par tous les Etats membres, serait "légalement contraignant et irréversible".

(Eric Faye, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi Salaün)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant