Tunisie : les assassins du Printemps arabe

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Des policiers sécurisant les abords du musée du Bardo, à Tunis, durant la prise d'otages du 18 mars.
Des policiers sécurisant les abords du musée du Bardo, à Tunis, durant la prise d'otages du 18 mars.

"Les Tunisiens n'ont pas d'antécédent avec le terrorisme. (...) Ils ne peuvent pas résoudre efficacement ce problème tout seuls." Le président Béji Caïd Essebsi ignorait sans doute que les événements lui donneraient aussi rapidement raison alors qu'il prononçait ces paroles le mois dernier. L'attaque menée contre le musée du Bardo, le Louvre de Tunis, a fait au moins vingt-deux morts dont vingt touristes étrangers, selon le ministre du Tourisme tunisien. Revers de la médaille, le terrorisme islamique n'est réellement apparu dans le pays qu'au lendemain de ce Printemps arabe, dont la Tunisie a précisément été l'initiatrice, il y a quatre ans. Après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, le quadrillage de la société s'est relâché, les portes des prisons se sont ouvertes et nombre d'activistes radicaux ont repris le chemin de la clandestinité pour tenter d'imposer leur théocratie. Le changement de régime n'a pas entamé leur détermination, loin de là. Leur volonté d'abattre la jeune démocratie tunisienne est d'autant plus grande que celle-ci constitue à ce jour la seule success-story de la région. La Libye post-Kadhafi est devenue un non-État livré aux milices, l'Égypte vit aujourd'hui sous un régime militaire après l'intermède calamiteux des Frères musulmans, la Syrie entre dans sa cinquième année de guerre civile ; le contraste avec la Tunisie, qui a élu démocratiquement un président et un Parlement l'an dernier, n'en est que...

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