Tunisie : l'attaque du musée du Bardo, un fiasco sécuritaire

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Des policiers lors de l'attaque du musée du Bardo à Tunis.
Des policiers lors de l'attaque du musée du Bardo à Tunis.

À la sortie du conseil des ministres, le premier d'entre eux l'a reconnu du bout des lèvres, prononçant les mots de "lacunes" et de "failles". Habid Essid enfonçait ainsi allègrement une porte ouverte tout en annonçant une enquête et en suggérant des sanctions éventuelles. Comment deux hommes ont-ils pu pénétrer dans l'enceinte du Louvre tunisien, armés de kalachnikovs, sans rencontrer d'obstacles ? Pourquoi la mitoyenne Assemblée des représentants du peuple est sécurisée alors que le musée ne dispose même pas d'un détecteur de métaux à son entrée ? L'un des deux tueurs, Yassine Abidi, faisait l'objet d'une surveillance, selon les propos du chef du gouvernement. Comment a-t-il échappé à cette surveillance ? Autant d'interrogations qui mettent à nu les difficultés du 7 avenue Bourguiba, siège du ministère de l'Intérieur. La tragédie qui a coûté la vie à vingt etune personnes s'explique par un chaos sécuritaire qui ne date pas de ces jours-ci. Valse de changements La dictature Ben Ali était un État policier. L'armée a toujours été mise à l'écart par celui-ci de peur d'un coup d'État. Le 14 janvier 2011, lorsque le despote s'enfuit pour l'Arabie saoudite, la police est la cible depuis le 17 décembre des manifestants. Postes de police incendiés, caillassés, tagués du fameux "ACAB" ("All cops are bastards"). Le premier gouvernement nommé à la hâte pour combler le vide du pouvoir décide de trancher des têtes. Et trop de...

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