Tunisie : "Il faut se préparer à d'autres attaques"

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Mercredi, des policiers s'apprêtent à donner l'assaut contre les terroristes qui ont attaqué le musée du Bardo.
Mercredi, des policiers s'apprêtent à donner l'assaut contre les terroristes qui ont attaqué le musée du Bardo.

Le Point.fr. : Jusqu'à présent, le terrorisme visait essentiellement les forces de l'ordre. Assiste-t-on aujourd'hui à l'apparition de nouveaux acteurs ou faut-il voir dans l'attentat du Bardo un saut qualitatif ? Jamil Sayah : Il faut plutôt parler de mutation. On assiste là à une urbanisation du terrorisme. Jusqu'à présent, cette violence était surtout le fait de groupes qui ont fait du mont Chaambi, à la frontière algérienne, leur fief. L'attentat de Tunis, qui est vraisemblablement le fait d'une cellule dormante, nous fait entrer de plain-pied dans un terrorisme urbain et plus ambitieux : tuer des étrangers, c'est tuer le tourisme, saboter l'économie et donc fragiliser la démocratie. Comment expliquer que la Tunisie soit le principal pourvoyeur de jeunes djihadistes combattant en Syrie, en Irak ou, désormais, en Libye ? Le parti islamiste Ennahda porte une grande part de responsabilité. Ses dirigeants ont longtemps été très ambigus quant au djihad et ne sont sortis de cette ambiguïté que sous de fortes pressions internationales. Depuis, un certain nombre de cadres jouent le jeu de l'islam politique, mais une partie de la base salafiste a basculé dans la lutte armée ; la créature a échappé à son créateur. En outre, Ennahda a joué avec le feu lorsqu'il était au pouvoir. J'estime qu'il est responsable à 70 % de la fragilisation de l'appareil sécuritaire. Nous en payons aujourd'hui le prix....

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