Trombes d'eau sur les Alpes-Maritimes, au moins 16 morts

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TROMBES D'EAU SUR LES ALPES-MARITIMES, AU MOINS 16 MORTS
TROMBES D'EAU SUR LES ALPES-MARITIMES, AU MOINS 16 MORTS

par Matthias Galante

BIOT, Alpes-Maritimes (Reuters) - De très violentes intempéries ont frappé les Alpes-Maritimes samedi en début de soirée et ont fait, a déclaré dimanche François Hollande, au moins 16 morts et trois disparus.

Le président de la République, qui s'est rendu sur place dans la matinée avec le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé que l'état de catastrophe naturelle serait reconnu mercredi au conseil des ministres et que des indemnisations seraient versées sous trois mois.

"Nous déplorons, dans l'ensemble du département, à la suite des intempéries qui se sont produites dans la nuit, seize morts et trois disparus, le bilan n'est pas encore complet", a dit François Hollande à Biot, l'une des communes touchées.

"L'Etat prendra (...) sa part, et dès mercredi au conseil des ministres, il y aura la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, et les indemnisations qui seront ensuite versées le seront dans un délai de trois mois", a-t-il ajouté.

Un fonds de soutien aux collectivités locales sera mis en place, ainsi qu'une aide aux commerçants et artisans touchés, dont les dommages seront reconnus.

HOLLANDE APPELLE À LA VIGILANCE

Trois personnes sont décédées dans une maison de retraite de Biot envahie par les eaux, trois autres à Vallauris Golfe-Juan, deux à Mandelieu-la-Napoule, deux à Cannes et une dans un camping d'Antibes, a dit la préfecture, sans donner pour l'instant le détail des cinq autres morts.

Dans un communiqué diffusé dans la matinée, Bernard Cazeneuve indiquait que l'espoir de retrouver les personnes disparues vivantes était faible. "Les reconnaissances se poursuivent dans les zones les plus touchées, souvent difficiles d'accès", précisait-il.

Le maire de Cannes, David Lisnard (LR), a dit quant à lui sur Twitter ne pas oser encore donner un bilan humain, de peur des "découvertes des prochaines heures".

"Ce n'est pas terminé", a prévenu François Hollande, invitant tous les habitants des Alpes-Maritimes à prendre le maximum de précautions "parce qu'il y a des routes qui sont barrées, l'autoroute qui est extrêmement difficile à utiliser".

La vigilance météo orange a été levée à minuit. La préfecture des Alpes-Maritimes recommande toutefois d'éviter tout déplacement et de ne pas prendre son véhicule.

Les fortes précipitations dans le département ont atteint des cumuls impressionnants pour atteindre 194 mm en sept heures à Cannes, dont 107 mm entre 18h00 et 19h00 samedi, selon Météo France. Les eaux se sont engouffrées avec violence dans les rues en emportant parfois des voitures et provoquant de nombreux dégâts matériels.

De nombreux axes routiers restaient impraticables dimanche. La préfecture dénombrait huit routes départementales bloquées. La circulation a toutefois été rétablie sur l'autoroute A8 sur une voie dans chaque sens.

Le trafic SNCF est quant à lui interrompu depuis l'inondation de la gare de Cannes, samedi en début de soirée. Selon la préfecture du Var, deux trains étaient immobilisés avec 1.200 passagers à bord à Toulon et deux autres avec entre 500 et 600 passagers à bord à Saint-Raphaël. Un train était aussi immobilisé avec 450 passagers à bord aux Arcs.

PILLAGES DANS LA NUIT

Samedi soir, le match entre l'OGC Nice et le FC Nantes au stade Allianz Riviera a été interrompu. Au plus fort des orages, de nombreux vols ont été déroutés de l'aéroport Nice Côte-d'Azur, où la situation était "en cours de résolution" dans la matinée, selon la préfecture.

Quelque 26.500 foyers étaient toujours privés d'électricité dimanche. Jusqu'à 70.000 foyers ont été privés d'électricité au plus fort de la crise, samedi à 23h00.

Des cellules de crise ont été activées dans les communes concernées et environ 200 personnes ont été placées dans des hébergements d'urgence.

Les pompiers des Alpes-Maritimes ont réalisé 418 interventions et 105 hélitreuillages depuis samedi.

Quelque 460 pompiers du département restent mobilisés, avec en appui 88 autres venus du Var et des Bouches-du-Rhône, ainsi que 200 policiers et 150 gendarmes. Trois hélicoptères de la sécurité civile et de la gendarmerie les ont soutenus pour les opérations de secours et restent engagés pour les opérations de reconnaissance, d'après Bernard Cazeneuve.

Des pillages ont été constatés dans la nuit de samedi à dimanche, et une surveillance renforcée a été mise en place dans certaines zones commerciales, dit la préfecture.

(avec Jean-François Rosnoblet à Marseille, édité par Chine Labbé et Gilles Trequesser)

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  • lorant21 le lundi 5 oct 2015 à 09:48

    J'écoutais B.Cazeneuve ce matin.. encore un qui confond climat et météo..

  • titresyl le lundi 5 oct 2015 à 09:14

    chut !!! il ne faut pas parler de pillage ... c'est pas correct en France !!!!

  • mcarre1 le dimanche 4 oct 2015 à 20:29

    Le bétonnage augmente le ruissellement, crée des entonnoirs et entrave l'écoulement des eaux.

  • M2141043 le dimanche 4 oct 2015 à 20:27

    indemnisations MDR...les "assurances" vont se faire prier (délais de 3 mois très théoriques, demandez aux victimes d'AZF). Les politiques, c'est juste des "mots", les français eux vivent la "réalité"...la vraie vie (hausse des prix, chômage, pillages, hausse des impôts, hôpitaux débordés d'étrangers)....bref la seule bonne nouvelle, les entreprises du bâtiment ont du boulot

  • janaliz le dimanche 4 oct 2015 à 14:29

    Des pillages... par qui ?...