Trois groupes de travail sur l'avenir de la Corse

le , mis à jour à 20:28
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TROIS GROUPES DE TRAVAIL SUR LA CORSE
TROIS GROUPES DE TRAVAIL SUR LA CORSE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement lance trois groupes de travail consacrés notamment à la langue et aux questions foncières en Corse, a annoncé lundi Gilles Simeoni, président nationaliste de l'exécutif de l'île, après un entretien avec Manuel Valls.

La rencontre de près de deux heures avec le Premier ministre s'est tenue en présence d'un autre élu nationaliste, le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni.

"Nous avons constaté en l'état les désaccords mais nous avons convenu de l'ouverture d'un dialogue avec la constitution de trois groupes de travail", a déclaré Gilles Simeoni à la presse dans la cour de Matignon.

"Il s'agira pour nous de démontrer la pertinence de nos arguments et la nécessité d'aller vers une révision constitutionnelle pour permettre les mesures indispensables pour lesquelles nous avons été mandatés par une majorité des Corses à l'occasion des élections territoriales de décembre", a-t-il ajouté.

Constitués de représentants de la Corse d'une part et représentants de l'Etat d'autre part, les trois groupes se réuniront à intervalles réguliers jusqu'au mois de juin.

Un premier groupe sera consacré à la langue corse, dont les nationalistes souhaitent la reconnaissance. Un deuxième se penchera sur la question foncière et la lutte contre la spéculation. Un troisième réfléchira à la Constitution de la Corse et notamment à l'intercommunalité, a énuméré Gilles Simeoni.

Le gouvernement s'efforce de reprendre la main en Corse après les violences survenues à Noël dernier à Ajaccio et la victoire surprise des nationalistes aux élections régionales de décembre.

"Chacun campe pour l'heure sur ses positions mais (...) nous avons la volonté de convaincre le gouvernement et l'Etat que le moment est venu de construire une nouvelle page des relations entre la Corse et la République", a dit Gilles Simeoni.

Elu indépendantiste, Jean-Guy Talamoni a surpris lundi matin en qualifiant la France de "pays ami" sur les ondes de France Info. Interrogé à ce sujet dans la cour de Matignon, il a une nouvelle expliqué sa position.

"Cela ne fait injure à personne que de dire que nous sommes Corses, tout simplement", a-t-il dit. "Je suis un élu de la Corse et nous discutons avec les représentants de la République française".

Fin décembre, Manuel Valls a déclaré au Parisien que "L'Etat ne reculera jamais" en Corse, un message relayé sur l'île par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Selon Gilles Simeoni, le Premier ministre a dit son souhait de se rendre "très prochainement" dans l'île.

(Elizabeth Pineau, édité par Simon Carraud)

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