Thierry Solère, ex-rival de Claude Guéant, aurait été espionné

le , mis à jour à 12:51
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PARIS (Reuters) - La direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a espionné en 2012 Thierry Solère, aujourd'hui organisateur de la primaire à droite, alors qu'il s'était présenté en candidat dissident de l'UMP contre le ministre de l'Intérieur Claude Guéant aux élections législatives, rapporte mardi Le Monde.

Thierry Solère, député (Les Républicains) de Boulogne-Billancourt et président du groupe LR au conseil régional d'Ile-de-France, se dit "très surpris mais surtout consterné". "C'est très grave", dit-il au Monde.

Quant à Claude Guéant, finalement battu par son rival dans cette 9e circonscription des Hauts-de-Seine, il affirme dans le même journal n'avoir jamais eu connaissance de tels faits. "C'est opposé à mes principes (...), j'étais ministre de l'Intérieur et à ce titre je n'avais aucune autorité sur la DGSE."

Selon le quotidien, le renseignement extérieur avait commencé à surveiller Thierry Solère en mars 2012 après son exclusion temporaire de l'UMP pour sa candidature dissidente. Claude Guéant était le candidat officiel de l'ex-UMP.

"La surveillance n’a été interrompue qu’après la découverte fortuite de son existence par la direction technique de la DGSE", précise Le Monde.

La DGSE aurait alors demandé à un gradé de lancer une "surveillance physique" de Thierry Solère. Le militaire ayant demandé que l'ordre soit renouvelé devant son supérieur, le projet a été abandonné, rapporte le journal.

"Dès janvier 2012, mon oncle [l’amiral Jean-Luc Delaunay, ancien chef d’état-major particulier du président de la République et ex-chef d’état-major de la Marine] m’avait prévenu qu’il y avait des risques en me présentant contre Claude Guéant", raconte Thierry Solère au Monde.

"Il fallait que je sois, disait-il, irréprochable, sur tous les terrains, personnel, financier, patrimonial, car ils saisiraient la moindre faille. Charles Pasqua m’avait aussi mis en garde disant que Guéant cherchait une immunité parlementaire, ce qui était un puissant moteur. Mais j’ai pris tout ça un peu à la légère", ajoute-t-il.

"Si j’avais des casseroles, c’est à la justice de s’en occuper, pas à la DGSE. Ce n’est pas pour protéger l’Etat que l’on a pu m’espionner, c’est pour me faire du tort."

Le maire LR de Tourcoing Gérald Darmanin, qui a quitté la direction nationale des Républicains en janvier 2015 en critiquant "l'entourage" et "la méthode" de Nicolas Sarkozy, a dénoncé sur Twitter un fait "extrêmement grave".

"Si elle est vraie, cette histoire d'espionnage politique envers Thierry Solère révélée par Le Monde est extrêmement grave. Un déni de démocratie", écrit-il.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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