Table ronde au ministère avec les acteurs de la filière porcine

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TABLE RONDE POUR TROUVER UNE ISSUE À LA CRISE DE LA FILIÈRE PORCINE
TABLE RONDE POUR TROUVER UNE ISSUE À LA CRISE DE LA FILIÈRE PORCINE

PARIS (Reuters) - Les principaux acteurs de la filière porcine se retrouvent ce lundi après-midi au ministère de l'Agriculture à Paris pour tenter de sortir de la crise que traverse la filière, après une semaine d'absence de cotation au Marché du porc breton (MPB) sur fond de bras de fer entre éleveurs et industriels.

Une délégation du marché au cadran de Plérin (Côtes d'Armor), qui fixe le prix de référence du porc français, le comité régional porcin et la Fédération nationale porcine, seront reçus par Stéphane Le Foll qui a multiplié les appels à la responsabilité, ces dernières semaines.

Un entretien entre François Hollande et le ministre de l'Agriculture est prévu à midi, avant la table ronde.

"Nous attendrons les conclusions de la table ronde pour fixer un prix", a déclaré vendredi le président du MPB, Daniel Picart, souhaitant que l'Etat français apporte "des solutions pour sortir de cette crise et pour faire revenir à la table du cadran les deux abattoirs qui nous ont fait défaut".

Les séances ordinaires de cotation de Plérin, où en moyenne, quelque 60.000 porcs sont vendus chaque semaine, ont été annulées à deux reprises la semaine dernière en raison de l'absence des deux principaux industriels du secteur.

Les groupes Cooperl et Bigard/Socopa jugent intenable, face à la concurrence étrangère, le cours de 1,40 euro le kilo arrêté en juin par un accord entre industriels, grande distribution et syndicats agricoles.

"Le ministre doit demander à l'ensemble des opérateurs de tenir leurs engagements pris en juin dernier, à savoir qu'on puisse maintenir le prix de 1,40 euro pour les éleveurs", a souligné le président de la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Xavier Beulin, sur France 2. Ce prix "n'est pas rémunérateur pour l'éleveur, il lui permet simplement de couvrir ses charges".

Il faut également "que le ministre, cet après-midi, prenne l'engagement de faire tout le travail nécessaire auprès des ses collègues européens pour qu'enfin l'Union européenne (...) puisse trouver des solutions", a-t-il ajouté, tout en indiquant ne "rien attendre de tangible" de la table ronde.

EMBARGO

Les cours du porc en Europe se sont effondrés avec l'embargo décrété par la Russie en janvier 2014 sur les produits agroalimentaires venant d'Europe en représailles aux sanctions européennes liées à la crise ukrainienne, provoquant une désorganisation du marché européen.

La coopérative Cooperl, qui souhaite un retour à un prix de marché libre, souligne que le tarif fixé par l'Etat français - 1,40 euro - est supérieur de 0,28 euro au cours allemand et de 0,38 euro au cours hollandais.

Face à cette concurrence, la filière française doit se moderniser, souligne la FNSEA.

"Il est temps qu'on se réveille, que la France cesse de nier les problèmes qu'elle rencontre aujourd'hui, qui sont des problèmes de compétitivé, de normes, de réglementation, des problèmes de coûts sociaux, osons aussi en parler", a dit Xavier Beulin.

"Où le Premier ministre pourrait nous apporter un vraie solution, c'est dans la capacité à dire clairement: 'J'engage un plan structurel pour remettre cette agriculture à niveau et pas sur trois mois, sur six mois, mais sur dix ans, sur quinze, sur vingt ans'".

Manuel Valls a estimé la semaine dernière qu'il y avait "urgence à trouver les bonnes solutions, en lien avec la filière", mais a écarté pour l'heure toute rencontre avec les éleveurs qui demandaient à être reçus à Matignon.

Une table ronde est prévue fin août sur les nouvelles formes de commercialisation du porc avant la tenue d'une réunion en septembre sur les "nouvelles formes de négociations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs".

(Marine Pennetier)

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