Sursis pour l'enseignant qui a inventé une agression antisémite

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L'ENSEIGNANT QUI AVAIT INVENTÉ UNE AGRESSION ANTISÉMITE CONDAMNÉ
L'ENSEIGNANT QUI AVAIT INVENTÉ UNE AGRESSION ANTISÉMITE CONDAMNÉ

MARSEILLE (Reuters) - Un enseignant d'une école juive de Marseille a été condamné jeudi à six mois de prison avec sursis pour des faits de dénonciation mensongère à la suite de l'agression antisémite inventée dont il prétend avoir été la victime.

"Ce qu'il a fait est inadmissible", a dit à l'audience le procureur, André Ribes, en requérant la peine maximale de six mois d'emprisonnement assortis du sursis.

Agé de 57 ans, Sylvain Saadoum a maintenu tout au long de l'audience avoir été attaqué, le 18 novembre dernier, cinq jours après les attentats de Paris et Saint-Denis, par deux jeunes qui auraient arboré un symbole du groupe Etat islamique et lui auraient montré une photo de Mohamed Merah, qui a tué sept personnes à Toulouse et Montauban en mars 2012.

Mais la version des faits du professeur d'histoire d'un établissement scolaire juif du XIIIe arrondissement de Marseille n'a pas convaincu la justice, qui a retenu la thèse de l'automutilation comme "l'explication la plus logique".

"Ma version est toujours la même, je ne suis pas le premier juif à avoir été agressé", a précisé le prévenu décrit par sa hiérarchie comme un "enseignant performant et très apprécié de ses pairs et des enfants".

Le récit de cette prétendue agression, cinq jours après les attentats qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, avait ému la classe politique, et le président François Hollande lui avait apporté son soutien.

Mais dès le début de l'enquête, les policiers ont émis des doutes sur le récit de l'enseignant, qui ne correspondait pas aux constations médico-légales et à d'autres éléments de l'enquête, et ont privilégié la piste de la "scarification" liée aux difficultés rencontrées dans le couple de l'accusé.

"Il a essayé de récupérer son épouse, pas de passer pour le héros de sa communauté", a résumé le procureur. "Mais cela a pris une ampleur qui ne lui a pas permis de revenir en arrière".

Le 11 janvier dernier, un autre professeur d'une école juive de Marseille a été agressé à la machette par un adolescent de 16 ans radicalisé sur Internet, qui a été interpellé peu après et mis en examen pour tentative d'assassinat aggravé en relation avec une entreprise terroriste.

(Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)

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  • charleco le jeudi 12 mai 2016 à 17:58

    Il ne mérite pas les sursis, c'est très grave ce qu'il a fait, c'est de la manipulation.