Sri Lanka : le Tigre immortel

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Le cadavre du chef des rebelles tamouls Velupillai Prabhakaran est exhibé en boucle sur les chaînes de télévision pour signifier la victoire du gouvernement sur la rébellion le 19 mai 2009.
Le cadavre du chef des rebelles tamouls Velupillai Prabhakaran est exhibé en boucle sur les chaînes de télévision pour signifier la victoire du gouvernement sur la rébellion le 19 mai 2009.

Les rivages de Mullaitivu, dans le nord-est du Sri Lanka, racontent une histoire interdite. Ici, le temps s'est figé au printemps 2009. Sur une plage traînent encore des chaussures d'enfants, des vêtements et des ustensiles de cuisine. Les visages des photos d'albums de mariage, abandonnés sur le sable, commencent à s'effacer. Parsemé de cocotiers décapités, le village de Mullivaikal s'étire dans un paysage aux courbes tourmentées, façonné par les bombes et les bunkers de fortune.

Dans ces abris aux allures de tombes, consolidés avec de la tôle, la population tamoule tentait de se protéger des bombardements quotidiens de l'armée de Colombo. Ils étaient alors 300 000 civils pris au piège sur le dernier territoire des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), un groupe armé séparatiste classé comme organisation terroriste par la communauté internationale. Au nom de sa « guerre à la terreur », le Sri Lanka lançait alors son ultime offensive.

Durant les cinq derniers mois de combats, entre 40 000 et 70 000 Tamouls ont perdu la vie. Les autorités continuent à nier ces massacres ; seuls sont mis en lumière les crimes des rebelles Tigres, accusés d'avoir utilisé leur peuple en bouclier humain. Et, alors qu'une pluie dense se met à tomber, les lieux évoquent le naufrage d'un pays entier, une île de toute beauté qui a sombré, cette année-là, dans l'horreur et l'impunité.

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