Sevran, l'"apartheid" et l'usine à gaz de la rénovation urbaine

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Vue de la cité des Beaudottes, à Sevran, en 2010.
Vue de la cité des Beaudottes, à Sevran, en 2010.

Stéphane Gatignon a les yeux rouges et les traits tirés. Comme en novembre 2012, à l'époque de sa grève de la faim : six jours à camper en tente igloo devant l'Assemblée nationale, le ventre creux. Le maire de Sevran, ancien communiste passé en 2009 aux rangs d'EELV, premier magistrat d'une des villes les plus pauvres de France, réclamait alors une rallonge de 5 millions d'euros pour boucler son budget et, au-delà, une réforme des dotations pour les 100 communes les plus défavorisées. Gênant, pour la gauche fraîchement arrivée au pouvoir, de voir un politique de son bord pleurer misère sous les fenêtres du Palais-Bourbon : Gatignon avait perdu quelques kilos, mais gagné le bras de fer.Ce vendredi 30 janvier, c'est une méchante crève qui, à l'heure d'une nouvelle bagarre, fait larmoyer monsieur le maire. La veille, il a annoncé avec éclat que les travaux de rénovation urbaine en cours à Sevran seraient interrompus faute de financements pour 2015 de la société d'économie mixte qui assure leur pilotage. Cela, alors que les chantiers eux-mêmes sont programmés (et financés) jusqu'en 2019. Trois jours plus tard, un compromis est trouvé - provisoire, le temps que le second volet de la rénovation urbaine, dit Anru II, ne prenne le relais. Quand ? Sous quelle forme ? Avec quelle implication de "l'agence de développement économique" des territoires annoncée par François Hollande dans sa conférence de presse post-attentat ? Le flou...

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