Session inaugurale du Parlement birman et pour les élus LND

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SESSION INAUGURALE DU PARLEMENT BIRMAN
SESSION INAUGURALE DU PARLEMENT BIRMAN

par Timothy Mclaughlin et Hnin Yadana Zaw

NAYPYITAW (Reuters) - Plusieurs centaines de députés de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi ont fait leur entrée officielle lundi au Parlement birman et vont désormais entamer le processus de sélection du premier gouvernement démocratique du pays depuis l'arrivée au pouvoir de l'armée en 1962.

Après des années dans l'opposition et parfois au fond des prisons birmanes, les candidats de la LND ont remporté près de 80% des sièges faisant l'objet d'un vote lors du scrutin historique de novembre 2015. Mais, en vertu de la constitution de 2008 rédigée par la junte, la LND doit partager le pouvoir avec l'armée.

Les quelque 51,5 millions de Birmans attendent tout de la LND, de la transformation de l'économie malmenée par des décennies d'isolement au retour à la paix dans les Etats en proie à des conflits ethniques.

"Nous avons la majorité. Nous avons le devoir de réaliser notre programme et de changer la vie des gens de ce pays", a déclaré Pyon Cho, un nouvel élu, qui a passé 20 ans dans les prisons pour avoir fait partie du groupe d'étudiants Génération 88 d'opposition à la junte militaire.

Le processus de nomination du président birman devrait commencer courant février. Chacune des deux chambres du Parlement doit choisir un candidat à la présidence, ainsi que l'armée, qui détient un quart des sièges.

CHOISIR LES BONNES PERSONNES

Les deux chambres réunies en congrès éliront ensuite le chef de l'Etat. Les deux candidats arrivés deuxième et troisième seront vice-présidents.

Selon la constitution, Aung San Suu Kyi n'a pas le droit de postuler à la présidence parce que ses enfants n'ont pas la nationalité birmane. Elle n'a pas dit qui elle souhaitait voir prendre la suite de Thein Sein, le président de la République sortant, et la LND n'a pas de numéro deux avéré.

La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 a fait savoir qu'elle se considérait "au-dessus du président" et qu'elle contrôlerait totalement le gouvernement. La LND n'a pas dit comment elle comptait s'y prendre.

Cette semaine, la LND doit organiser l'élection des président des deux chambres du Parlement. Elle doit aussi préparer l'entrée en fonction des assemblées régionales le 8 février. Certaines de ces assemblées se trouvent dans des Etats dominés par d'importantes minorités ethniques comme l'Union des Etats Shan, dans l'est du pays, ou l'Etat d'Arakan (Rakhine) sur la côte occidentale du pays.

"Les gens espèrent que tous les problèmes seront résolus automatiquement après l'arrivée de la LND au gouvernement, que les investissements étrangers vont arriver", a déclaré Shwe Mann, président sortant du Parlement et proche d'Aung San Suu Kyi, bien qu'ayant dirigé le Parti pour la solidarité et le développement de l'Union, lié à la junte militaire.

"Pour relever le défi, ils doivent choisir les bonnes personnes et les mettre dans les bonnes positions", a déclaré Shwe Mann. "C'est également ma principale préoccupation, parce que cela décidera de la performance de son gouvernement."

(Danielle Rouquié pour le service français)

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