Sept multinationales s'unissent contre le gaspillage alimentaire

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McCain, Sodexo, PepsiCo, Unilever, Ardo, SCA et WWF vont d'abord s'attaquer à trois pays européens (Italie, Grande-Bretagne, France) en ciblant les écoles.

Un tiers de la production alimentaire dans le monde est gaspillée. 800 millions de personnes souffrent toujours de la faim. Or la population mondiale est en constante augmentation (de 7 à 9,6 milliards d'ici 35 ans), et les ressources naturelles sont de plus en plus rares. Face à ce triple constat, plusieurs multinationales s'unissent contre le gaspillage alimentaire dans la restauration: McCain, Sodexo, PepsiCo, Unilever, SCA, Ardo et WWF ont annoncé cette semaine, à l'occasion du World Food Day, la création d'une coalition mondiale. Ces entreprises en sont les premières signataires. D'autres devraient les rejoindre dans les prochains mois.

«Il n'est pas question de rédiger des rapports supplémentaires mais d'initier des actions concrètes face à ce défi qui concerne à la fois le Nord et le Sud, explique Damien Verdier, président de l'association International Food Waste Coalition et directeur stratégies, recherche et innovation chez Sodexo. Nous ne pouvons plus agir chacun dans notre coin, tous les maillons de la chaîne alimentaire - des récoltants jusqu'aux consommateurs - doivent se réunir pour trouver des solutions ensemble.»

«Les enfants sont prescripteurs»

Cette coalition va d'abord s'atteler à l'Europe, à commencer par la France, l'Italie et la Grande-Bretagne, en ciblant dans un premier temps les écoles, avant les hôpitaux ou les cantines d'entreprises. «Les écoles sont des lieux où il faut gérer à la fois des obligations nutritionnelles, un temps de repas limité et s'adapter aux goûts, ce qui nous donnera une première base d'étude intéressante, ajoute Damien Verdier. Par ailleurs, les enfants sont prescripteurs. Si l'on arrive à les entraîner à modifier leurs habitudes, ce sera positif pour les foyers».

La coalition se donne six mois pour tester plusieurs initiatives ludiques, comme la possibilité d'accueillir des agriculteurs ou des cuisiniers dans les écoles. «Nous allons décortiquer tous les éléments de la chaîne pour avoir zéro déchet, préciser Damien Verdier. Nous avons un rôle à jouer dans l'élaboration des menus, une meilleure valorisation des produits ou encore l'adaptation des portions afin de mieux répondre aux besoins et attentes des enfants. Il faudra aussi agir en amont sur la prévision des repas: nos chefs cuisiniers ont-ils les informations adéquates concernant le nombre de repas dans les cantines? Pour éviter de ne pas manquer, certains ne sont-ils pas tentés de commander trop?»

Faciliter les dons

Ces entreprises entendent bien travailler de concert avec les pouvoirs publics. Pour déployer les initiatives qui seront mises en place. Mais aussi pour mettre fin à certaines incongruités qui persistent dans les cahiers des charges des collectivités locales et qui conduisent à du gaspillage. «Dans certaines communes, on demande le même grammage pour des enfants du primaire et de maternelle, s'étonne Damien Verdier. Or un enfant de 3 ans n'a pas le même appétit ni les mêmes habitudes alimentaires qu'un enfant de 6 ans!» Par ailleurs, la coalition espère aussi que la législation permettant de transférer les surplus aux banques alimentaires sera assouplie afin de faciliter les dons.

La coalition compte aussi agir en amont. «Au moment de la récolte des pommes de terre, par exemple, il reste souvent dans les champs une partie de la production encore consommable, souligne Lucile Celisse, vice-présidente retail et développement durable chez McCain Europe. Nous voulons pouvoir les collecter et les transformer en vue de donner des produits (flocons, soupes…) aux banques alimentaires.»

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