Sécurité renforcée au Gabon après l'élection d'Ali Bongo

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LE GABON CRAINT DE NOUVELLES ÉMEUTES APRÈS LA CONFIRMATION DES RÉSULTATS PAR LA COUR CONSTITUTIONNELLE
LE GABON CRAINT DE NOUVELLES ÉMEUTES APRÈS LA CONFIRMATION DES RÉSULTATS PAR LA COUR CONSTITUTIONNELLE

par Edward McAllister

LIBREVILLE (Reuters) - Les forces de sécurité ont été largement déployées samedi à Libreville, la capitale du Gabon, après la confirmation par la Cour constitutionnelle de la victoire d'Ali Bongo à l'élection présidentielle.

Six personnes avaient été tuées dans des émeutes après l'annonce par le ministère de l'Intérieur de la courte victoire du président sortant lors du scrutin du 27 août. La famille d'Ali Bongo dirige le pays depuis près d'un demi-siècle.

Le chef de l'opposition Jean Ping, qui affirme qu'une centaine de personnes sont mortes lors des récentes violences, affirmait que l'élection avait été entachée de fraudes et en avait contesté les résultats devant la Cour constitutionnelle.

Des camions transportant des policiers et des soldats, dont certains vêtus d'équipements anti-émeutes, ont pris position aux principaux carrefours et intersections de Libreville dès samedi matin.

Le circulation était réduite dans la capitale gabonaise, nombre d'habitants ayant choisi de rester chez eux. Aucun incident n'a été signalé dans l'immédiat.

La décision de la Cour constitutionnelle a été annoncée vendredi soir. Peu après Ali Bongo a promis d'ouvrir le dialogue politique entre ses alliés et ses opposants.

Pour l'instant, cette main tendue n'a pas été acceptée par Jean Ping.

"C'est une situation difficile pour le pays et nous avons besoin de temps pour réfléchir et y répondre correctement", a commenté Henri Elang, membre de l'entourage de Ping, précisant qu'il s'exprimait au nom du candidat battu.

Jean Ping tenait une série de réunions avec ses conseillers samedi et a refusé de commenter directement le jugement de la Cour constitutionnelle.

Dans son recours devant la plus haute juridiction du pays, l'opposant faisait valoir que les résultats enregistrés dans la province de Haut-Ogooue présentaient des irrégularités, Bongo ayant recueilli dans son fief 95% des suffrages pour un taux de participation de 99,9%.

Une mission d'observation électorale de l'Union européenne a signalé des anomalies dans cette province.

La Cour constitutionnelle avait accepté d'examiner les résultats avec la présence d'observateurs de l'Union africaine mais elle a jugé irrecevables les feuilles d'émargement fournies comme preuves de la fraude présumée présentées par Jean Ping.

La cour a annulé les résultats de 21 bureaux de vote à Libreville en raison d'irrégularités, accentuant la victoire d'Ali Bongo qui est déclaré élu avec 50,66% des voix contre 49,85% précédemment.

"C'est une mascarade. La Cour constitutionnelle a insulté le peuple et n'a pas respecté la démocratie", s'est indigné Clay Martial, partisan de l'opposition, au quartier général de Ping, samedi.

(Pierre Sérisier pour le service français)

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