Second tour Rousseff-Neves pour la présidentielle au Brésil

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DILMA ROUSSEFF OPPOSÉE À AECIO NEVES AU SECOND TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE AU BRÉSIL
DILMA ROUSSEFF OPPOSÉE À AECIO NEVES AU SECOND TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE AU BRÉSIL

par Brian Winter et Anthony Boadle

SAO PAULO/BRASILIA (Reuters) - La présidente brésilienne Dilma Rousseff, arrivée en tête au premier tour de l'élection présidentielle dimanche, sera opposée au second tour au candidat des milieux d'affaires, le sénateur centriste Aecio Neves, qui a réussi un spectaculaire rebond en fin de campagne.

La candidate du Parti socialiste brésilien (PSB), la militante écologiste Marina Silva, un temps favorite dans les sondages pour ensuite s'effondrer dans les derniers jours de la campagne, est éliminée. Elle n'a pas encore donné de consignes de vote pour le second tour, prévu le 26 octobre.

Après décompte officiel de 99,9% des bulletins de vote, la présidente sortante, candidate du parti des travailleurs (PT, gauche) a obtenu 41,6% des suffrages exprimés, et Aecio Neves, du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), 33,6%.

Marina Silva, qui a souffert d'un barrage de publicités télévisées négatives en fin de campagne et des interrogations sur ses revirements de position sur certaines questions, n'a su séduire que 21,3% des électeurs.

Au terme d'une campagne aux multiples rebondissements, le Brésil se retrouve avec ce qui était attendu il y a un an : un face-à-face entre deux partis rivaux qui ont gouverné le pays ces 20 dernières années.

Dilma Rousseff est créditée d'une légère avance sur son rival au second tour. Elle profite de la bonne image du Parti des travailleurs, qui a su réduire la pauvreté et créer des emplois depuis 12 ans qu'il est au pouvoir tandis qu'une grande partie de l'opinion publique a le sentiment que le PSDB brésilien, qui était au pouvoir entre 1995 et 2002, est plutôt au service des classes aisées.

Dans un discours prononcé dimanche soir, Dilma Rousseff a attaqué d'emblée de PSDB, qualifié de "parti de la récession, de la baisse des dépenses et du chômage".

"Le peuple brésilien ne veut pas des fantômes du passé", a lancé la présidente sortante.

Selon un de ses conseillers qui a requis l'anonymat, Dilma Rousseff jouera sur l'opposition "l'élite contre le peuple" pour la campagne du second tour.

Aecio Neves, de son côté, a immédiatement entrepris de courtiser les électeurs de Marina Silva. Lors d'un discours, il a souligné que le rapprochement des voix obtenues par le PSB et le PSDB mènerait à la victoire. Il a évoqué le souvenir du premier candidat du PSB, Eduardo Campos, mort dans un accident d'avion le 13 août dernier et remplacé peu après par Marina Silva qui, début septembre, était en tête dans les sondages.

"MEILLEUR QUE LE PREMIER"

Près de 60% des électeurs de la candidate écologiste ont indiqué lors de sondages la semaine dernière qu'ils soutiendraient Aecio Neves s'il parvenait au second tour.

Selon une enquête d'opinion Datafolha publiée samedi, la présidente sortante est créditée de 48% des intentions de vote au second tour contre 42% à Aecio Neves. Le candidat centriste a toutefois fait mieux dimanche que le score que lui prêtaient les sondages.

Quand Marina Silva avait fini troisième lors de la précédente présidentielle en 2010, elle était restée neutre. Elle n'a rien dévoilé de ses intentions dimanche. Elle s'est bornée à annoncer plusieurs meetings de membres de sa coalition dans les prochains jours pour aborder la question de son éventuel soutien à l'un de ses deux concurrents.

Au quartier de campagne de Dilma Rousseff dimanche soir, l'humeur n'était pas à l'euphorie.

"Le second tour va être beaucoup plus dur pour nous", disait un conseiller. Le résultat est plus serré que nous ne l'attendions."

Dans son discours dimanche soir, Dilma Rousseff a promis de d'apporter aux Brésiliens le changement qu'ils ont demandé l'an dernier quand ils sont descendus dans la rue.

"Mon second mandat sera bien meilleur que mon premier", a-t-elle assuré.

Après une croissance supérieure à 4% par an durant le boom des matières premières de la dernière décennie, l'économie brésilienne n'a plus affiché qu'une croissance moyenne de 2% sous le mandat de Dilma Rousseff.

La présidente compte sur le soutien des ouvriers qui ont bénéficié des programmes d'aide sociale mis en place par le Parti des travailleurs qui a su réduire l'écart entre riches et pauvres, qui était l'un des plus marqués au monde.

Malgré les manifestations de masse de l'année dernière, déclenchées contre la corruption et la faible efficacité des services publics, Dilma Rousseff bénéficie d'autres données positives et notamment de la faiblesse du taux de chômage (5% de la population active en août selon les derniers chiffres connus) et du soutien de son prédécesseur, le très populaire Luiz Inacio Lula da Silva.

"L'enjeu, c'est la continuité", commente Ana Augusta de Medeiros, électrice de 71 ans à Rio de Janeiro. "J'espère qu'ils continueront à travailler pour les pauvres."

(Avec Brad Haynes; Danielle Rouquié pour le service français)

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