Seb et Rowenta s'engagent à fabriquer des appareils... réparables

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Les deux marques d'électroménager stockent pour leurs clients des pièces de rechange pendant 10 ans dans un entrepôt, pour encourager les consommateurs à réparer plutôt que jeter.

La chasse au gaspillage passe aussi par l'équipement de la maison. À peine un Français sur cinq (18%) considère comme une évidence le fait de réparer un appareil électroménager ou high tech plutôt que de le jeter, selon une récente étude de l'Ademe. Réfrigérateur, grille-pain, ordinateur, téléphone, lecteur DVD ou encore sèche-cheveux... la liste d'objets qui finissent à la poubelle lorsqu'ils tombent en panne, ou lorsqu'ils sont devenus obsolètes, est longue. Pour encourager leurs clients à recourir à la réparation, les marques Seb et Rowenta (Groupe Seb) viennent d'annoncer qu'elles s'engageaient à conserver dans un entrepôt «toutes les pièces détachées techniques» de leurs appareils commercialisés depuis 2012 et à les rendre accessibles «même après la fin de la période de garantie».

Seb promet ainsi de stocker 5500 références de pièces de rechange, tandis que Rowenta en conserve 8500. Concrètement, comment ça marche? Sur simple demande, les pièces de remplacement des appareils Seb et Rowenta sont livrées sous 24 à 48h chez le réparateur. Pour y parvenir, les marques du Groupe Seb s'appuient sur un réseau de proximité de plus de 6500 réparateurs professionnels agréés dans le monde, dont 250 en France.

De quoi rassurer les consommateurs, qui estiment à 87% que les fabricants ne facilitent pas la réparation. D'autant que pour 59% d'entre eux, ils considèrent que faire réparer un objet peut revenir plus cher qu'un achat neuf. Et pour cause: une étude de la DGCCRF publiée en 2013 montrait que, tandis que les prix moyens des produits éléctroménagers avaient baissé de 34% sur 20 ans, les tarifs des réparations sur le gros électroménager s'est envolé sur la même période de 123%!

Là encore, les deux marques sont décidées à lever ce frein majeur en «mettant tout en oeuvre pour qu'aucune pièce, même la plus sophistiquée, ne coûte plus de 50% du produit neuf. En 2012, leur coût avait déjà baissé en moyenne de 30% et, désormais, un grand nombre d'entre elles peut être proposé à prix coûtant», précise Rowenta dans un communiqué. «Une réparation est ainsi possible à un coût presque toujours moins onéreux que celui d'un remplacement», ajoute Seb.

Le groupe met le paquet depuis plus d'un an pour faire connaître sa «politique de réparabilité», en la mentionnant par exemple dans les garanties de ses produits ou sur son site Internet. Une campagne de «sensibilisation» qui commence déjà à porter ses fruits, selon le groupe. «La commande de pièces détachées hors garantie ne cesse de progresser, signe d'un recours accru à la réparation.» En 2014, 76 % des produits commercialisés par le Groupe Seb étaient totalement réparables et 95 % l'étaient partiellement (c'est-à-dire si une ou deux pièces éventuellement nécessaires à une réparation sont soit indisponibles, soit d'un coût supérieur à 50% du produit).

La «réparabilité», un critère d'achat

Depuis le 1er mars 2015, les fabricants et distributeurs doivent informer le consommateur sur la durée de disponibilité des pièces de rechange, par le biais d'étiquettes en magasin ou sur les bons de commande. Cette obligation figure dans un décret publié dans le cadre de la loi Hamon adoptée en mars 2014. De son côté, le fabricant est tenu de fournir aux vendeurs ou aux réparateurs les pièces détachées nécessaires à la réparation des produits dans un délai de deux mois.

«La loi Hamon aura été une première étape en France. Le Groupe Seb souhaite aller plus loin en s'appuyant sur les moyens mis en oeuvre depuis une dizaine d'année pour ses marques Rowenta et Seb, en faisant savoir à tous ses consommateurs qu'ils auront l'assurance de pouvoir utiliser leurs produits de nombreuses années même si une défaillance survenait», déclare au Figaro Alain Pautrot, vice-président en charge de l'après-vente et de la satisfaction client.

«L'affichage permettra de faire de la ‘réparabilité' des produits un critère d'achat», se réjouissait l'association 60 millions de consommateurs avant l'entrée en vigueur de ce décret. Elle déplorait toutefois que «la loi n'impose aucune durée minimale pendant laquelle les pièces de rechange doivent être disponibles.» Plusieurs marques ont anticipé la nouvelle réglementation et l'appliquaient déjà avant ce décret. C'était le cas, notamment, de Canon qui proposait des pièces de rechange pour une durée allant de 5 à 10 ans selon les produits, ou encore Miele (11 ans), Moulinex (de 5 à 7 ans), ou encore Philips (4 ans pour les cafetières Senseo et les robots culinaires, par exemple).

La France est le troisième plus gros producteur de déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), aussi appelés «e-déchets», en Europe. Avec 1,4 million de tonnes de ces déchets produits en 2014, elle suit l'Allemagne (1,8 million) et le Royaume-Uni (1,5 million).

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