Sarkozy défend un projet "collectif" pour isoler ses rivaux

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SARKOZY PRÉSENTE LES LIGNES DE FORCE DE SON PROJET PRÉSIDENTIEL
SARKOZY PRÉSENTE LES LIGNES DE FORCE DE SON PROJET PRÉSIDENTIEL

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy, confronté à une adversité grandissante dans son camp, a présenté dimanche les lignes de force, très à droite, de son projet présidentiel dont il entend imposer la légitimité "démocratique" à ses rivaux pour la primaire de novembre.

Le président des Républicains a eu beau jeu de se poser en garant du "rassemblement" alors que ses principaux adversaires, Alain Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire, avaient choisi de se manifester par leur absence au dernier jour du Conseil national du parti, après une apparition samedi.

L'unité de la "famille" était de tous les discours, mais les attaques cinglantes ou voilées ont de nouveau révélé l'état de tension du parti à l'approche de la primaire. Les rumeurs d'une entrée en lice de Jean-François Copé, dont les relations avec Nicolas Sarkozy se sont dégradées depuis les premiers remous de l'affaire Bygmalion, ajoutaient à la tiédeur de l'atmosphère.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a bien tenté de jouer les pacificateurs, comme à l'habitude, pour calmer les écuries concurrentes mais Nicolas Sarkozy l'a rabroué.

"Si on est déchirés au premier tour, comment on va arriver au quatrième? Faisons en sorte que les primaires ne soient pas un processus d’exclusion", a lancé le sénateur de la Vienne en liant les deux tours de la primaire à ceux de la présidentielle.

"J'ai compris, je m'étais aperçu qu'il y avait quatre tours", a répliqué Nicolas Sarkozy lors de son discours.

"Au premier tour tu rassembles tes amis, au deuxième tu rassembles ta famille, au troisième tu rassembles tous les Français de la droite et du centre, au quatrième tu rassembles tout le monde!", a-t-il ajouté.

"Ce n'est pas au moment où le Front national est au niveau électoral que l'on sait que la moindre division entre nous serait acceptable. (…) On peut tout me demander, mais pas d'être le président de la division", a souligné Nicolas Sarkozy.

Avant lui, Laurent Wauquiez, numéro deux du parti et tenant d’une ligne droitière, avait interpellé à mots couverts Alain Juppé, au zénith dans les sondages, sur son projet jugé par trop modéré.

"PARTI DE LA NATION"

Si la droite devient "une pâle copie de la gauche", a-t-il déclaré, "ce chemin n'amènera que de nouvelles trahisons". "Il peut permettre de caracoler dans les sondages", mais "c'est un nouveau chemin d'indignité", a-t-il lancé.

Une virulence qui a fait dire à Jean-Pierre Raffarin, dans une allusion ironique au récent remaniement gouvernemental, que Laurent Wauquiez pourrait être "ministre de la Fraternité".

Le nouveau président d'Auvergne-Rhône-Alpes avait auparavant prononcé un discours, très applaudi, aux accents nationalistes.

"Ce n’est pas à la République de s’adapter aux étrangers, c’est aux étrangers de s’adapter à la République", a-t-il lancé.

Les propositions de Nicolas Sarkozy empruntaient à un ton moins "clivant", selon l'expression de Jean-Pierre Raffarin, mais traçaient la même ligne, déjà esquissée par les conventions thématiques du parti et le livre de l'ancien président.

"Les Républicains veulent être le parti de la Nation française", a-t-il dit.

Retour de l’ordre républicain, refondation du modèle social, "baisse massive des charges" pour les entreprises, fin de la "fiscalité confiscatoire", "extinction des régimes spéciaux de retraite", rétablissement des peines planchers, "neutralité religieuse" dans les lieux publics et l’entreprise : Nicolas Sarkozy a exposé ses principaux credos, sans mesures nouvelles.

Réaffirmant son refus de tout accord avec le FN, il a plaidé pour le "respect de l’identité nationale" face à l’immigration.

"Les racines chrétiennes de la France ne sont pas un obstacle à l'assimilation" mais elles ne doivent pas être "victimes d'une immigration sans limite ou d'un communautarisme qui n'a pas sa place dans la République", a-t-il dit.

"Les Républicains ont vocation à définir et à porter un projet collectif et ambitieux", a dit Nicolas Sarkozy.

Ce texte sera transmis lundi aux fédérations, qui auront le loisir de l’amender. Le projet révisé sera ensuite soumis en mars au bureau politique, qui pourra à son tour le modifier. Il sera tranché in fine par un vote des militants en avril.

"C’est un choix sans retour pour nous", a martelé le président de LR, comme un défi à ses rivaux qui ont d'ores et déjà prévenu qu'ils ne s'estimaient pas liés par ce corpus.

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