Royal promet que les tarifs autoroutiers n'augmenteront pas

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SÉGOLÈNE ROYAL ASSURE QUE LES TARIFS AUTOROUTIERS N'AUGMENTERONT PAS
SÉGOLÈNE ROYAL ASSURE QUE LES TARIFS AUTOROUTIERS N'AUGMENTERONT PAS

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal a assuré vendredi que la mise à contribution des sociétés d'autoroutes pour compenser l'abandon de l'écotaxe, une piste difficile à mettre en oeuvre selon le ministre des Finances, se ferait sans augmentation des péages.

La ministre de l'Ecologie a appelé les concessionnaires autoroutiers à faire un effort "au nom de l'intérêt national" au lendemain de la suspension "sine die" de l'écotaxe, réduite à un péage de transit poids lourds, en raison des difficultés liées à sa mise en oeuvre et de la grogne des routiers.

"Je souhaite que les sociétés d'autoroute soient mises à contribution parce que depuis la privatisation elles ont distribué 15 milliards de dividendes à leurs actionnaires", a déclaré Ségolène Royal sur BFM TV et RMC.

"Il n'y aurait rien à payer en plus, mais une meilleure répartition de ce que les gens payent déjà", a-t-elle ajouté.

Le ministre des Finances Michel Sapin a toutefois émis des doutes sur la piste avancée par Ségolène Royal.

"Les contrats (des sociétés autoroutières) sont extrêmement bien faits et ils prévoient que si il y a une augmentation de fiscalité ou une augmentation de la part du concessionnaire, à ce moment-là il doit y avoir une compensation et la compensation c'est l'augmentation du péage. Est-ce que c'est une bonne solution y compris pour les camions ? Je n'en suis pas absolument certain", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Washington.

"Ou si la compensation c'est de rallonger encore la concession alors que nous trouvons que cette concession est déjà extrêmement avantageuse, je ne suis pas sûr non plus que ce soit une bonne solution."

DES CONTRATS VERROUILLÉS

Dans un rapport de septembre, l'Autorité de la Concurrence a décrit le régime actuel des concessions autoroutières, qui courent jusqu'aux années 2030, comme une "rente" et appelé à un rééquilibrage entre les intérêts de l'Etat, des opérateurs et des usagers.

"Une taxe sur les concessions autoroutières ne peut être écartée avec ce gouvernement, mais nous nous attendons à ce que les groupes soient compensés", commente Bryan Garnier dans une note. "Ça a toujours été le cas dans le passé, à travers des hausses de prix ou l'allongement des concessions. Les compensations sont écrites noir sur blanc dans les contrats."

Des doutes balayés vendredi par la ministre de l'Ecologie.

"Il y a des espaces de négociation et il y a aussi des mises en responsabilité de grandes entreprises qui ont bénéficié d'un système et qui doivent maintenant mettre ce système au service de l'avenir de ce pays", a-t-elle dit.

AU MOINS 300 MILLIONS DE MANQUE A GAGNER

Ségolène Royal a estimé de 300 à 400 millions d'euros le manque à gagner créé par la suspension de l'écotaxe.

Sur l'hypothèse d'une taxe à 3,5% de l'Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement), Bryan Garnier a calculé l'impact annuel pour Eiffage (Autoroutes Paris Rhin Rhône) à 80 millions par an, et celui pour Vinci (Cofiroute) à 200 millions d'euros.

"On est dans une situation un peu délicate", résume Daniel Déchaux, président de l'association 40 millions d'automobilistes. "L'Etat veut récupérer ce qu'il a perdu d'un côté, mais les contrats de concession sont bien ficelés et les usagers peuvent craindre que cette hausse soit répercutée sur les péages. On aurait alors tout faux, car on aboutirait exactement à l'inverse de ce que nous voulions."

L'Autorité de la concurrence et le gouvernement prônent en effet aussi une réforme en faveur des utilisateurs de la formule de calcul qui commande les hausses de péages chaque février.

"Quand le ministre (de l'Economie) dit qu'il veut revoir le modèle économique des autoroutes, moi je comprends ça comme signifiant que ce ne sera plus seulement indexé sur l'inflation, mais sur les coûts réels", souligne Marie-Françoise Bechtel, député MRC de l'Aisne, qui a interpellé Emmanuel Macron sur ce sujet mardi à l'Assemblée.

Les péages ont augmenté de 1,29% en moyenne en février dernier, après +2,01% en 2013, +2,5% en 2012 et +2,2% en 2011.

La dernière hausse a reflété à 41% l'inflation, à 55% les investissements convenus entre l'Etat et les opérateurs et à 33% la hausse de la TVA. En moyenne historiquement basse l'augmentation de 2014 a masqué toutefois d'importantes disparités selon les réseaux.

(Chine Labbé, avec Emmanuel Jarry et Gilles Guillaume, édité par Yves Clarisse)

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  • muck12 le vendredi 10 oct 2014 à 14:15

    ça veux dire plus cher

  • janaliz le vendredi 10 oct 2014 à 14:05

    C'est cela même... On va la croire...

  • lorant21 le vendredi 10 oct 2014 à 11:56

    Qui croit Mme Royal? Encore des gogos? Il y en a encore.. mais oui, cela se renouvelle sans cesse, ils votent simplement FN.

  • gstorti le vendredi 10 oct 2014 à 11:53

    Ce qui est marrant, c'est que si ces autoroutes étaient resté publics, rien ne dis que les péages auraient été moins cher, mais une chose est sur, c'est que les autoroutes seraient trés certainement déficitaires. S'ils ont distribués 15 milliards à leurs actionnaires, combien l'état à encaissé au titre des impôts sur les société, de la CSG CRDS, perçu sur ces revenus, de l'impôt sur le revenus?

  • M476110 le vendredi 10 oct 2014 à 11:48

    Une promesse de Ségolène ROYAL ! mort de rire !

  • optim89 le vendredi 10 oct 2014 à 11:46

    "Royal promet que les tarifs autoroutiers n'augmenteront pas" Elle avait dit la même chose pour l'électricité et le gaz.... comme toujours des propos irresponsables qui seront contredits très rapidement.