Royal exige l'arrêt des expulsions à Notre-Dame-des-Landes

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ROYAL DEMANDE L'ARRÊT DES EXPULSIONS À NOTRE-DAME-DES-LANDES
ROYAL DEMANDE L'ARRÊT DES EXPULSIONS À NOTRE-DAME-DES-LANDES

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal a sommé mercredi Aéroports du Grand Ouest (AGO), la filiale de Vinci qui a obtenu la concession du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de cesser les expulsions sur le site, le projet initial étant selon elle "surdimensionné".

"Il y a 200 hectares de trop de terres qui ont été gelés", a déclaré la ministre de l'Environnement à l'issue du conseil des ministres. "Quand je vois que l'entreprise concessionnaire a commencé les expulsions, ce n'est pas acceptable."

"Donc, ça va s'arrêter", a-t-elle dit. "Ça va s'arrêter parce que précisément on vient de démontrer que les choses n'avaient pas été bien calibrées. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire, je le dis aussi à ceux qui se sont opposés systématiquement à tout."

Ségolène Royal s'appuie sur le rapport d'experts qui lui a été remis mardi et qui conclut que le projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes est surdimensionné, un jugement que le Premier ministre Manuel Valls s'est abstenu de porter.

Les experts proposent deux alternatives: "l'agrandissement et la rénovation des installations actuelles de Nantes-Atlantique" ou "une redéfinition du projet avec une seule piste de 2.900 m de long et 45 m de large -- au lieu des deux pistes de 3.600 m de long dont une de 60 m de large".

L'agrandissement de l'aéroport de Nantes étant selon la ministre de l'Environnement exclu en raison de la densité de l'habitat, elle privilégie le transfert à Notre-Dame-des-Landes mais avec une seule piste, suffisante selon la ministre.

"Une seule piste permet 11 millions de voyageurs alors qu'on a présenté un aéroport à deux pistes avec un impact environnemental très lourd", a-t-elle ajouté.

RÉFÉRENDUM LE 26 JUIN

Ségolène Royal a estimé que le projet devait être modifié avant le référendum prévu sur ce sujet le 26 juin en Loire-Atlantique, dont la question ne porte pas sur la configuration.

Elle demande seulement: "Souhaitez-vous le transfert de l'aéroport tel qu'il est aujourd'hui vers un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes?", a-t-elle souligné.

Alors que Manuel Valls, partisan de la réalisation de ce projet, a estimé mardi que le rapport validait le transfert et souligné que les experts ne se prononçaient pas "sur la faisabilité juridique" d'un Notre-Dame-des-Landes à une piste, Ségolène Royal a démenti tout désaccord dans l'exécutif.

"Je n'ai pas le même rôle (que Manuel Valls-NDLR)", a-t-elle déclaré sur BFM TV. "Mon rôle, c'est de faire en sorte de trouver une solution conformément avec la conviction qui est la mienne que l'on doit réconcilier la protection de l'environnement et le développement économique."

"Je veux que les choses se calment, je veux que les gens se reparlent. Ici ça n'a que trop duré. Les Français sont fatigués de ce feuilleton, (...) chacun doit faire maintenant un pas vers l'autre", a-t-elle dit.

Les élus locaux, de droite comme de gauche, sont pour la construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes et les "zadistes" qui occupent le site, ainsi que les écologistes, veulent l'abandon pur et simple du projet.

Cet abandon obligerait l'Etat à payer de lourds dédommagements au groupe Vinci.

(Myriam Rivet avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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  • blackmax le mercredi 6 avr 2016 à 14:19

    Ben indemnités, comme écotax ... SR elle s'en moque, c'est encore le contribuable qui va en faire les frais. Le contribuable, quantité négligeable pour tous ces gens là.