Réunion extraordinaire du parlement de la CGT en janvier

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RÉUNION EXTRAORDINAIRE DU "PARLEMENT" DE LA CGT EN JANVIER
RÉUNION EXTRAORDINAIRE DU "PARLEMENT" DE LA CGT EN JANVIER

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La Commission exécutive confédérale de la CGT a décidé à l'unanimité mardi la convocation d'une réunion extraordinaire du Comité national confédéral (CCN), le "parlement" de la centrale syndicale, en janvier, à l'issue de plus de dix heures de débats sur ce qui est devenu "l'affaire Lepaon".

Selon des participants, les secrétaires généraux des 33 fédérations, des 96 unions départementales, des comités régionaux et d'autres organisations de la CGT seront d'abord invités à débattre de façon informelle lundi prochain.

"Ils nous diront leur état d'esprit et celui de leur organisation", a expliqué à Reuters un membre de la direction de la première organisation syndicale française, selon qui les débats de mardi ont été "francs et responsables".

Une nouvelle CEC se réunira le 16 décembre pour tirer les conclusions de ces débats. C'est elle qui sera chargée de convoquer le CCN extraordinaire pour le 13 janvier et d'en préciser l'ordre du jour, ajoute-t-on de même source.

Seul le CCN est habilité à démettre, le cas échéant, le secrétaire général.

Thierry Lepaon est sur la sellette après des révélations sur les frais engagés pour rénover son domicile de fonction et son bureau, ainsi que sur une indemnité d'une trentaine de milliers d'euros perçue quand il a quitté la direction du comité régional de la CGT de Normandie pour prendre celle de la centrale.

Selon une note interne, la CEC a entendu un rapport de la Commission financière de contrôle de la CGT, qui "a précisé les conditions dans lesquelles (il) a pris la responsabilité de secrétaire général de la confédération".

La même commission de contrôle, chargée début novembre de faire la lumière sur d'éventuels "dysfonctionnements", a aussi proposé des "pistes" pour améliorer les procédures financières.

Thierry Lepaon s'était défendu début novembre en invoquant des "failles majeures dans le fonctionnement interne de la prise de décision" et avait mis indirectement en cause le trésorier de la centrale, qui a présenté mardi sa démission à la CEC.

"La Commission a pris acte de la démission d'Eric Lafont", lit-on dans la note interne, obtenue par Reuters.

LEPAON FAIT DE LA RÉSISTANCE

Les voix demandant le départ de Thierry Lepaon se multiplient, de la base aux instances dirigeantes de la CGT.

Lors d'une réunion du bureau confédéral, vendredi, il avait obtenu un répit. Mais la convocation du CNN le 13 janvier pourrait marquer le début d'une procédure de destitution, selon un haut responsable de la centrale.

Le secrétaire général a tenté la semaine dernière de négocier avec les dirigeants de plusieurs grandes fédérations, dont la métallurgie, l'énergie, les transports, la santé, les travailleurs d'Etat et les cheminots, son maintien à la tête de l'organisation jusqu'à la fin de son mandat en 2016.

Selon le même haut responsable, il aurait promis en échange de soutenir, pour sa succession, le secrétaire général de la fédération CGT de la métallurgie, Philippe Martinez.

Cette tactique semble avoir fait long feu.

"Ça a marché le temps de la réunion du bureau confédéral", raconte à Reuters ce responsable. "Mais ça a fait beaucoup de bruit en interne."

"La solution la plus sage serait qu'il se retire et qu'on aille vers une solution transitoire ou un congrès", ajoute-t-il, tout en admettant qu'aucun autre dirigeant de la CGT ne sort du lot aujourd'hui pour lui succéder.

Cette crise ne remet pas seulement en cause la crédibilité de Thierry Lepaon, devenu secrétaire général par défaut en 2013 au terme d'un laborieux processus.

Elle écorne également l'image de son prédécesseur, Bernard Thibault, à qui il est reproché de n'avoir pas préparé sa succession et d'avoir laissé une organisation mal en point.

Selon un sondage de l'Ifop publié dimanche par Ouest-France, la cote de la CGT auprès des Français à reculé de 14 points en un an, de 45% d'avis positifs en 2013, juste avant l'élection de son actuel secrétaire général, à 31% en 2014, tandis que le taux de mauvaises opinions a bondi de 48% à 63%.

Cela s'est notamment traduit dans les résultats des élections professionnelles de la fonction publique, qui marquent un recul de la CGT.

(Edité par Sophie Louet)

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