Réunion à Bruxelles deux jours avant le sommet de Minsk

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LA PERSPECTIVE DU SOMMET DE MINSK PLANE SUR LA RÉUNION DES MINISTRES DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE L'UE
LA PERSPECTIVE DU SOMMET DE MINSK PLANE SUR LA RÉUNION DES MINISTRES DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE L'UE

par Adrian Croft et Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis lundi à Bruxelles, pourraient suspendre leur décision sur l'approbation d'une nouvelle liste de personnes physiques ou morales russes et ukrainiennes pro-russes visées par des sanctions, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Il s'agirait de ne pas créer de nouvelles tensions avant la rencontre, mercredi à Minsk, des présidents russe, ukrainien et français, et de la chancelière allemande Angela Merkel, qui vise à mettre fin aux combats dans l'est de l'Ukraine.

Certaines voix s'élèvent cependant au sein de l'Union pour que la nouvelle liste de personnalités sanctionnées soit adoptée par les chefs de la diplomatie des Vingt-Huit.

"L'EU doit rester claire et unie pour dénoncer l'agression russe en Ukraine", a dit à son arrivée à Bruxelles le secrétaire au Foreign Office, Philip Hammond. "Tant que la Russie n'aura pas répondu à nos demandes, nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher la pression. Il nous faut des actes, pas des mots."

Le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, figure sur la liste soumise aux ministres européens.

Pour le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, il reste beaucoup à faire pour espérer des progrès vers un accord de paix mercredi dans la capitale biélorusse.

"Nous espérons que les questions en suspens pourront trouver des réponses qui feront de la rencontre de Minsk une rencontre prometteuse, et que des premiers pas pourront être faits (...) en vue d'un cessez-le-feu. Mais je veux aussi dire que cela n'est pas certain", a-t-il dit.

"ON NE POSE PAS D'ULTIMATUM À POUTINE"

"Je pense que nous apporterons aujourd'hui notre soutien total à l'initiative de Merkel et de Hollande (...) C'est comme cela que font les Européens, rechercher une solution politique et non militaire", a souligné la ministre suédoise, Margot Wallstrom.

Son homologue lituanien, Linas Linkevicius, l'un des plus intransigeants envers Moscou, a dit son scepticisme sur une amélioration de la situation sur le terrain. Pour lui, si Washington décide de livrer des armes à l'armée de Kiev, comme l'idée en a été lancée, ce serait une décision "logique".

"Nous espérons tous une solution diplomatique, personne ne veut la guerre, mais il faut voir ce qui se passe sur le terrain. On ne peut pas croire un seul mot des autorités russes. Nous voulons des faits vérifiables sur le terrain."

A Moscou, le Kremlin a fait savoir qu'il serait inutile de tenter de poser un "ultimatum" au président Vladimir Poutine.

"Personne n'a jamais parlé au président sur le ton d'un ultimatum et personne ne pourrait le faire", a dit le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à la radio Govorit Moskva.

Neuf soldats ukrainiens ont été tués et 26 autres blessés dans les combats avec les séparatistes pro-russes au cours des dernières vingt-quatre heures, a déclaré dans la matinée un porte-parole de l'armée gouvernementale ukrainienne.

Les affrontements ont été particulièrement intenses dans le secteur de Debaltseve, important noeud ferroviaire et routier au nord-est de la ville de Donetsk.

(Avec Tom Koerkemeier, Philip Blenkinsop, Robert-Jan Bartunek et Foo Yun Chee; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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