Retraites complémentaires: la négociation de la dernière chance

le , mis à jour à 10:51
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INFOGRAPHIE - Syndicats et patronat ont quatre mois pour sauver de la faillite les caisses des salariés du privé.

Quatre petits mois pour sauver les retraites des cadres! Syndicats et patronat se retrouvent ce mardi pour élaborer un plan de sauvetage des régimes des retraites complémentaires Agirc (cadres) ; l'Arrco (complémentaire de tous les salariés) est en situation moins périlleuse. Ils ont jusqu'en juin pour trouver une solution.

«Les perspectives sont alarmantes», alertait en décembre la Cour des comptes dans un rapport. Selon ses calculs, si aucune mesure n'est prise, l'Agirc n'aura plus un sou de côté en 2018. Dès cette date, il faudra donc trouver 5 milliards d'euros par an pour repousser au-delà de 2030 l'épuisement des réserves. Et pour cause: l'Agirc et l'Arrco ne peuvent pas s'endetter pour combler leur déficit, contrairement au régime général géré par l'État. En clair, une fois les coffres vides, il n'y a plus qu'à réduire les pensions des millions de retraités du privé. Ou à augmenter drastiquement les cotisations.

Depuis 2011, les partenaires sociaux ont donc dû prendre, plusieurs fois, des mesures douloureuses. Syndicats et patronat ont conscience de l'enjeu. «En 2013, nous avons entériné une série de mesures pour corriger le tir, mais elles ne produisent pas assez d'effets vu la stagnation de notre économie», reconnaît Jean-Louis Malys, en charge des retraites à la CFDT.

Ce qu'il ne dit pas, c'est que la réforme des retraites Touraine - faute de mesures d'âge - n'a en rien aidé les régimes de complémentaires. Pire, les décisions gouvernementales prises dans ce domaine depuis 2012 ont alourdi les comptes de l'Agirc et de l'Arrco de 1,4 milliard d'euros.

Le temps est compté, les marges de manœuvre étroites et les leviers à disposition pour redresser la situation se comptent sur les doigts d'une main. Surtout, aucun ne fait l'unanimité parmi les partenaires sociaux. Un recul de l'âge, poussé par le Medef mais refusé en bloc par les syndicats, ne produit pas, sauf à être rapide et donc violent, d'économies à court terme. Les cotisations retraite, tous régimes confondus, frôlent déjà le plafond de 28 % du salaire brut fixé par décret. Certains syndicats aimeraient exploiter les dernières marges de manœuvre en la matière. Le patronat, sans surprise, s'y refuse. Quant au gel des pensions, il n'aurait pas beaucoup d'effets compte tenu de la faiblesse de l'inflation.

«Ce serait de la pure procrastination»

Reste la fusion des deux régimes cadres et salariés et de leurs réserves (9 milliards pour l'Agirc et 55 milliards pour l'Arrco en 2013), qui permettrait de repousser l'échéance. FO, la CFTC et la CFDT sont pour. «Ce serait de la pure procrastination et ne ferait que renvoyer le fardeau sur les épaules des générations suivantes», critique en revanche Serge Lavagna, le «M. Retraite» de la CFE-CGC. Le syndicat de l'encadrement se retrouve aux côtés de la CGT parmi les opposants à cette fusion.

Les positions entre syndicats et avec le patronat sont donc très éloignées. Au-delà de ces postures de début de négociation, le contexte social est très tendu. L'échec de la négociation sur le dialogue social a laissé des traces et si ces nouvelles discussions capotaient, c'est la gestion par les partenaires sociaux qui serait remise en cause. «Nous tenons au paritarisme, explique Philippe Pihet, responsable de la protection sociale de FO. Mais le coût pour notre attachement au système ne doit pas être prohibitif.» Reste que le gouvernement serait bien embêté de devoir reprendre la main sur le dossier explosif des retraites.

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