Réquisitoire modéré contre Michel Neyret de la PJ lyonnaise

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Michel Neyret, French former deputy chief ot the judiciary police of Lyon, arrives for the start of his trial at the courthouse in Paris
Michel Neyret, French former deputy chief ot the judiciary police of Lyon, arrives for the start of his trial at the courthouse in Paris

PARIS (Reuters) - Une peine de quatre années de prison, dont 18 mois avec sursis, a été requise lundi contre l'ancienne star de la police lyonnaise Michel Neyret, jugé pour corruption et trafic de stupéfiants.

Le parquet a également réclamé des peines allant d'une simple amende à cinq ans de prison ferme à l'encontre des huit autres prévenus renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris, dont deux sont en fuite.

Michel Neyret, qui risque jusqu'à 10 ans de prison, est accusé d'avoir franchi la frontière qui sépare "flics et voyous" en acceptant de luxueux cadeaux de membres du milieu en échange de services totalement illégaux, et d'avoir détourné plusieurs kilos de résine de cannabis afin de rémunérer des informateurs.

"Comment un fonctionnaire exceptionnel en est-il arrivé à accepter d'être corrompu ? C'est une atteinte majeure à l'ordre public. Ça mérite une condamnation importante", a dit Annabelle Philippe, l'une des représentantes du ministère public.

L'ancien numéro 2 de la PJ de Lyon, âgé de 60 ans, a déjà passé huit mois en prison.

Aux côtés de Michel Neyret ont pris place six personnes, dont son épouse Nicole, un avocat et trois fonctionnaires de police. Deux autres prévenus sont en fuite.

Patron de la brigade antigang de Lyon pendant vingt ans, Michel Neyret avait accumulé les succès dans ses enquêtes et fait tomber nombre de délinquants de haut vol avant d'être arrêté par l'IGS, la police des polices, en 2011.

Il a reconnu au début de l'audience s'être "laissé manipuler" par ses indicateurs mais a nié avoir été rétribué en retour. "Je pensais maîtriser une situation qui m'a échappé, je n'ai pas fait preuve de la prudence nécessaire", a-t-il dit.

L'ex-numéro 2 de la PJ lyonnaise a également assumé sa stratégie consistant à récupérer une partie de la drogue issue de saisies pour payer des "indics" permettant de démanteler les réseaux, en dehors de tout cadre légal.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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